Concurrence étrangère "low-cost" dans le bâtiment : les députés de l’Hérault aux côtés de la FFB

Alors que 30 chantiers suspects (non déclarés, mal clôturés, activité de nuit ou le dimanche, échafaudages non conformes…) ont été identifiés dans l’aire de Montpellier par la Fédération Française du Bâtiment de l’Hérault, révélant une montée en puissance d’une concurrence étrangère ‘low-cost’, plusieurs députés de l’Hérault* ont déclaré jeudi 17 janvier, à Montpellier, leur intention de porter le débat à l’Assemblée nationale.
Le député PS Christian Assaf (à droite sur la photo) se dit prêt à contribuer à l’élaboration d’une loi « pour une concurrence juste et loyale dans le bâtiment. Il faut adapter la loi, sans porter atteinte aux règles de la concurrence. Le mieux-disant doit l’emporter sur le moins-disant. Libérons le code des marchés publics des questions de coûts ! Pour ce faire, nous allons consulter Michel Guibal, 1er vice-président du conseil général de l’Hérault, et sommité nationale en matière de code des marchés publics. Ce code permet déjà beaucoup de choses. Le mieux-disant, qui intègre des critères hors-coûts (formation, insertion, apprentissage,…) existe déjà. Un travail législatif reste à faire : que peut faire la loi française, à la lisière du droit européen ? »
Christian Assaf a rappelé le poids du bâtiment dans l’économie régionale. « Le dynamisme de l’immobilier sur la frange littorale attire ces entreprises étrangères, qui cassent les prix et dérégulent le marché. Il devient d’intérêt régional de se mobiliser. Si les entreprises d’ici se cassent la gueule, il n’y a plus d’économie ! On ne peut pas seulement vivre avec des universités, leurs étudiants et des marchands de sandwiches ».
« Un renard libre dans un poulailler libre, ça ne m’intéresse pas »
« Il y a une différence entre la concurrence et mettre un renard dans le poulailler, a-t-il ajouté. Si l’Europe, ça consiste à mettre un renard libre dans un poulailler libre, ça ne m’intéresse pas. »
Il a interpellé les collectivités locales, dont beaucoup sont signataires de chartes de bonne pratique avec la FFB 34. « Les chartes, c’est bien beau, mais quelle en est l’application ? Je ne suis pas sûr que parmi les signataires, cette charte éthique soit tout le temps respectée, même si je ne doute pas de la bonne foi des exécutifs. Les collectivités sont elles-mêmes soumises à des difficultés financières. Peuvent-elles faire preuve d’un patriotisme économique ? Je pense que oui. »
Cette main-d’œuvre étrangère est elle-même victime, précise Patrick Ceccotti, président de la FFB 34 (à gauche sur la photo) : « C’est un esclavagisme moderne : 70 heures travaillées par semaine, conditions d’hygiène, d’hébergement et de sécurité déplorables, travail le dimanche, loi du silence sur fond de misère sociale dans le pays d’origine… Ce système s’apparente aux réseaux de prostitution. »
Des prix qui deviennent inatteignables
C’est principalement « les promoteurs privés et les offices HLM » qui auraient recours à des sociétés utilisant cette main-d’œuvre bon marché, en provenance surtout des pays de l’Est. « Cette pratique impacte les prix de référence, ajoute Patrick Ceccotti. Non seulement le marché se rétrécit pour nos PME, mais avec des prix qui deviennent inatteignables. Sans compter que les délais se raccourcissent. Dans les prévisions qu’ils transmettent aux maîtres d’ouvrage, les économistes de la construction ont un rôle à jouer. » Par ailleurs, le phénomène « tire la qualité des travaux vers le bas. Même les entreprises ‘normales’ doivent trouver des solutions limites pour décrocher des marchés ».
* Les socialistes Christian Assaf, Patrick Vignal, Anne-Yvonne Le Dain, Frédéric Roig, Fanny Dombre-Coste et l’UMP Elie Aboud.










