Hérault
Energies
Compagnie du Vent : sursis pour Jean-Michel Germa
GDF Suez ajourne l’assemblée extraordinaire des associés de la Compagnie du Vent, initialement prévue demain, 18 décembre, qui devait décider de l’exclusion de son actionnaire minoritaire et fondateur, Jean-Michel Germa. « Nous avons reçu un courrier de la société de Jean-Michel Germa, Soper, nous informant que les bénéficiaires des bons de souscription émis par Soper y ont définitivement renoncé », indique Jérôme Valdivia, responsable presse de la Branche Énergie Europe de GDF Suez. « Ce qui nous conforte dans notre action ». Mais il ajoute que GDF Suez a « demandé des documents complémentaires pour vérifier qu’aucun autre préjudice n’existait par rapport aux bons de souscriptions. Ces documents ne nous ont pas encore été communiqués. Dans l’attente, nous avons ajourné la réunion prévue demain ». Cependant, dit-il, « le processus d’exclusion est toujours d’actualité ».
Conflit judiciaire
Après le rachat de la Compagnie du Vent, en 2007, un conflit violent a opposé Jean-Michel Germa à GDF Suez, le premier reprochant au second de s’être approprié les actifs et le savoir-faire de la Compagnie du Vent, réduite selon lui au rôle de simple bureau d’étude. Jean-Michel Germa s’est notamment opposé à la signature d’un accord de GDF Suez avec Areva et Vinci pour répondre à un appel d’offres d’éolien off shore, au Tréport. Démis de ses fonctions et assigné pour abus de minorité, Jean-Michel Germa, qui détient toujours 40 % des actions de La Compagnie du Vent, a depuis remporté plusieurs batailles judiciaires, la Cour de Cassation et la Cour d’Appel de Montpellier estimant qu’il n’avait pas commis d’abus de minorité, contrairement au reproche de GDF Suez. Dernier épisode en date : GDF Suez a annoncé avoir déposé plainte au pénal pour dénonciation calomnieuse.
Négociation ?
En termes d’image, la situation actuelle ne bénéficie ni à la Compagnie du Vent, ni à Jean-Michel Germa, ni à GDF Suez. Les deux parties ont atteint un point de non-retour dans leur relation. A tel point que Jean-Michel Germa exclut de vendre ses parts dans l’immédiat. Il opère en outre à un lobbying actif auprès de parlementaires pour qu’ils déposent une proposition de loi visant à protéger les actionnaires minoritaires de PME non-cotées dont l’actionnaire de référence est un grand groupe. « Je suis désormais engagé dans un combat qui dépasse mes seuls intérêts, dit l’entrepreneur à La Lettre M. Je voudrais que l’Etat, premier actionnaire de GDF Suez, prenne la mesure de ce qu’un groupe peut faire à une PME. Avant de passer à une négociation, s’il doit y en avoir une, je voudrais passer un message. »










