Jean-Michel Germa, actionnaire minoritaire et fondateur de la Compagnie du vent, « conteste formellement » le motif avancé par GDF Suez pour tenter de l’exclure de La Compagnie du Vent. La direction de GDF Suez a annoncé mercredi la tenue, le 18 décembre, d’une assemblée extraordinaire des associés de la Compagnie du Vent. À l’ordre du jour : l’exclusion de l’actionnaire Germa, au motif du « non-respect » par Jean-Michel Germa, et de sa société, Soper, « d’une clause du pacte d’actionnaire et des statuts de la Compagnie du Vent. Soper a en effet émis des bons créateurs d’entreprises à des tiers ne faisant pas partie de la famille de M. Germa ».
« Prétexte fallacieux »
« L’émission de bons de souscription de part de créateurs d’entreprise (BSPCE), réalisée en octobre 2013 par Soper, ne contrevient pas aux accords entre les associés », affirme Jean-Michel Germa, aujourd’hui, par voie de communiqué. « Le motif invoqué par GDF Suez n’est qu’un prétexte fallacieux pour continuer à déposséder La Compagnie du Vent de ses actifs et de son savoir-faire, comme c’est le cas depuis 3 ans, sans que personne ne puisse plus s’y opposer », assure Jean-Michel Germa. « Je n’ai même pas été contacté par GDF Suez, démarche pourtant attendue de la part d’un associé. Cela montre bien qu’il s’agit d’une manœuvre précipitée, sans fondement juridique, pour m’écarter rapidement et continuer à transférer à son profit les actifs de la Compagnie du Vent, alors même que GDF Suez vient de subir plusieurs revers judiciaires », ajoute le fondateur de la société.
Conflit judiciaire
Après le rachat de la Compagnie du Vent par GDF Suez, en 2007, un conflit violent a opposé Jean-Michel Germa à son actionnaire majoritaire, le premier reprochant au second de s’être approprié les actifs et le savoir-faire de la Compagnie du Vent, réduite selon lui au rôle de simple bureau d’étude. Jean-Michel Germa s’est notamment opposé à la signature d’un accord de GDF Suez avec Areva et Vinci pour répondre à un appel d’offres d’éolien off shore, au Tréport. Démis de ses fonctions et assigné pour abus de minorité, Jean-Michel Germa a depuis remporté plusieurs batailles judiciaires, la Cour de Cassation et la Cour d’Appel de Montpellier estimant qu’il n’avait pas commis d’abus de minorité, contrairement au reproche de GDF Suez.