Comment Tesc Force veut promouvoir l’Occitanie comme « tech valley » européenne
Créée en 2020 par le syndicat professionnel Numeum et porté par le cluster régional Digital 113, Tesc Force muscle ses ambitions au service de l’attractivité des entreprises et des compétences numériques. « La filière, qui représente régionalement plus de 110 000 emplois, a enregistré 7,4 % de croissance en 2022, indique Frédéric Honnorat, directeur de la cellule présidée par Daniel Benchimol. Cette année, ce sera 6 %. Or, sur les 8 000 embauches prévues en 2023 dans le territoire, il manque 2 000 candidats. » Tesc Force, qui veut promouvoir l’Occitanie auprès des entreprises étrangères, entend également favoriser la reconversion vers les métiers du numérique et muscler l’attractivité de la région auprès des talents extérieurs.
Attirer les entreprises étrangères
Côté attractivité des entreprises, la cellule mise sur une action collective menée à l’international, dans le cadre de la Stratégie régionale pour l’emploi, la souveraineté et la transformation écologique (Sreste) de la Région Occitanie. « Notre objectif est de faire rayonner le territoire, de développer son attractivité, pour faire venir ici des sociétés d’autres secteurs d’excellence, afin d’être moins dépendants de l’aéronautique », indique Daniel Benchimol. Parmi les succès revendiqués par Tesc Force aux côtés de ses partenaires (lire en encadré), on retrouve les installations récentes en Occitanie des sociétés Cognitus (Etats-Unis), Ubiik (Taiwan) et Wattnow (Tunisie). « Nous voulons faire de notre région une tech valley majeure en Europe, ce qu’en réalité elle est déjà mais que personne ne sait, martèle Frédéric Honnorat. Nous avons ici des pépites, un véritable écosystème. Par ailleurs, favoriser le rayonnement de l'Occitanie participe à la rétention des talents déjà présents. »
Séduire les compétences d’autres territoires…
Promouvoir la région, c’est aussi développer son attractivité auprès de personnes basées aujourd’hui dans d’autres territoires. Dans ce cadre, Tesc Force va lancer au deuxième trimestre le dispositif Talents Occitanie. « La qualité de vie de notre région n’est plus à prouver, estime Frédéric Honnorat. Ce qui reste à démontrer, c’est la qualité de job. » Une vaste campagne de communication, développée par l’agence toulousaine Verywell, doit ainsi être déployée, dans un premier temps à Paris. Le dispositif prévoit par ailleurs la mise en ligne d’un site dédié incluant une CVthèque et la mise à disposition d’une hotline crosscanal (téléphone et chatbot). Objectif : attirer plus de 200 entreprises et 500 candidats cette année.
… et favoriser les reconversions
En parallèle, Tesc Force souhaite favoriser la reconversion vers le numérique de personnes issues d’autres secteurs d’activité. Dans ce but, parallèlement aux salons Digi’talent, le dispositif Numéric Emploi Occitanie, expérimenté l’an dernier, va être déployé à partir du 21 mars en partenariat avec Pôle emploi, dans le cadre du Pacte pour l’embauche de la Région Occitanie. Il vise à mettre en relation des recruteurs avec des demandeurs d’emploi. « Nous souhaitons attirer des personnes qui ne connaissent pas forcément les métiers du numérique », indique Anne Destouches, déléguée régionale de Numeum, qui mise notamment sur une féminisation du secteur. Numéric Emploi Occitanie ambitionne de séduire 200 candidats cette année.
Une mission qui évolue
À l’origine, Tesc Force n’avait pas vocation à pallier le manque de talents numériques, mais au contraire à accompagner une situation d’urgence née de la crise sanitaire, alors qu'avec une filière aéronautique clouée au sol, les ingénieurs manquaient de missions. « Il y avait trop de compétences sur le marché », se souvient Anne Destouches. « Nous avons œuvré pour trouver des solutions, en lien direct avec les entreprises du territoire, ce qui nous a permis d’éviter au maximum la fuite des talents, indique Daniel Benchimol. La crise passée, notre mission a évolué. » Frédéric Honnorat acquiesce : « Hier, en matière de compétences, nous gérions l’abondance, désormais, nous gérons la pénurie. »











