Fil infos

Pyrénées-Orientales
|
Viticulture
| 21/08/2026

Le Domaine Lafage reprend le GICB et crée Terrasses Vermeilles

Jean-Marc Lafage, co-dirigeant du domaine familial perpignanais Lafage, dont il incarne la septième génération
© Domaine Lafage

Le Domaine Lafage franchit une étape dans son développement avec la reprise du Groupement interproducteurs Collioure Banyuls (GICB) validée par le tribunal de grande instance de Perpignan. Rebaptisée ‘’Terrasses Vermeilles’’, l’entité réunit près de 400 producteurs et 500 ha de vignes, soit 60 % de la production des appellations Banyuls et Collioure. Elle représente quelque 8 000 hl en production et près d’un million de bouteilles commercialisées/an. « Aujourd’hui, il ne s’agit pas d’une victoire, mais d’une responsabilité », explique à La Lettre M Jean-Marc Lafage, co-dirigeant du domaine perpignanais qui prévoit d’investir 12 M€ dans cette reprise pour redonner des perspectives aux producteurs, salariés et partenaires.

Dette de 21 M€
Placé en redressement judiciaire en mars dernier avec 21 M€ de dettes à son actif, le GICB va désormais renaître. « Depuis huit ans, nous travaillons avec le GICB car nous avions une complémentarité industrielle à travers le stockage de nos surplus de vin et une complémentarité de terroir, poursuit Jean-Marc Lafage. Le Banyuls étant une opportunité pour le Domaine Lafage. Enfin, une complémentarité commerciale avec le BtoC que nous ne pratiquons pas sauf à la vente au caveau. » Le dirigeant se dit également convaincu du bienfondé de cette opération de reprise bien que Terrasses Vermeilles, soit « un outil excentré qui se situe à une heure de route de notre base de Perpignan, voire plus l’été ». Seul candidat repreneur, le dirigeant a présenté en amont son projet à la Région Occitanie, aux collectivités et aux banques du territoire qui ont été « séduites » par le projet de reprise destiné à faire vivre l’activité viticole : « J’ai demandé à mes équipes de mettre les producteurs banyulencs au centre de l’équation. Pour un temps, on oublie le client afin d’avoir du raisin demain ! Aussi, la rémunération des vignerons va passer de 1,50 € à 2€ le kilo avec une rémunération annuelle. » 

Modèle hybride et mutualisation
Le domaine assume le coût du rachat (1,8 M€), celui des créances (5 M€) et des prêts en cours (3 M€)…  Le projet de reprise s’appuie également sur le site historique des Templiers, situé à Banyuls-sur-Mer, de sa cave viticole, ainsi que les marques du GICB, dont Banyuls et Collioure « Les Templiers » et « la cave de l’Abbé Rous » qui seront conservées ainsi que 80 % des effectifs, soit 107 salariés. Le modèle de la nouvelle structure est par ailleurs amené à évoluer. « La première année, nous achèterons le raisin en direct auprès des vignerons, et nous utiliserons le stock du GICB pour les appellations Collioure et Banyuls. Puis, nous allons réfléchir sur le modèle coopératif ou sica à mettre en place, ce qui permettra de produire du vin doux naturel. En tant que négociant, nous n’aurons qu’un contrat avec eux pour acheter le fruit de leur travail. Nous allons peut-être tendre vers un modèle hybride. Enfin, nous envisageons d’acquérir de nouvelles parcelles », explique-t-il. Jean-Marc Lafage salue aussi le travail réalisé au sein du GICB. « Il y a beaucoup de compétences. Les équipes sont structurées, organisées et dotées d’outils dont certains seront repris par le Domaine Lafage », souligne-t-il.  Le Domaine Lafage entend enfin s’appuyer sur ses réseaux commerciaux, ses marques et son savoir-faire technique pour développer Terrasses Vermeilles, en France comme à l’international. Le groupe veut aussi poursuivre les travaux engagés sur l’adaptation du vignoble méditerranéen au changement climatique, notamment en matière de pratiques culturales. « En donnant un nouvel élan, nous voulons transmettre aux générations futures des appellations plus fortes, plus attractives et plus reconnues, en France comme à l'international, sans jamais renier leur identité. Cette réussite ne pourra être que collective. Elle reposera sur la confiance des producteurs, l'engagement des salariés et le soutien de tous les partenaires qui partagent notre conviction : l'avenir de Banyuls et Collioure mérite d'être construit avec ambition », conclut Jean-Marc Lafage qui exploite 330 ha (production : 5 000 hl) et acquiert la production de l’équivalent de 400 à 500 ha supplémentaires. 

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie