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| 2/09/2020

Comment Sanofi Aramon tend vers l'objectif zéro émission, zéro rejet

Denis Largeau, directeur du site gardois du groupe Sanofi.

Acteur important du pôle chimie de Sanofi, l’usine gardoise du groupe (900 salariés, siège à Aramon) prévoit plusieurs investissements destinés, en grande partie, à réduire encore davantage son impact sur l’environnement. Objectif : se rapprocher du zéro émission, zéro rejet. Denis Largeau, directeur du site Sanofi Chimie Aramon, s’est entretenu avec La Lettre M.

Quelles sont les spécialités de l’usine d’Aramon ?
Notre site fait partie des affaires Industrielles du groupe, au sein du pôle chimie. Nous produisons des principes actifs pharmaceutiques. Nous ne faisons pas de R&D, nous disposons d’un centre de développement qui travaille en tant que support à la production.

Si le groupe Sanofi réussit à mettre au point un vaccin contre la Covid-19, Sanofi Aramon est-elle susceptible d’intervenir dans sa production ?
Non, nous ne fabriquons pas de vaccins. C’est la mission de Sanofi Pasteur.

Faites-vous partie du projet de restructuration de Sanofi via la création d’une nouvelle entité ?
Nous ne faisons pas partie du projet de création d’une nouvelle entité. Par ailleurs, en deux ans, nous avons titularisé en CDI plus de 100 personnes. C’est une volonté de la direction nationale, mais aussi de la direction des ressources humaines ici à Aramon. En 2021, ce rythme d’embauches en CDI devrait toutefois ralentir. Difficile à ce jour de quantifier nos projets de recrutements pour 2021.

En termes d’investissements, quels sont vos projets ?
Depuis cinq-six ans, nous investissons tous les ans entre 10 et 20 M€. Ces budgets sont injectés pour financer de nouveaux projets mais aussi des travaux destinés à la mise en conformité et la modernisation de nos installations, que ce soit sur le plan de la sécurité, de la qualité ou de l’environnement.
Ainsi, il y a un an et demi, nous avons consacré 5 M€ à la construction d’une unité de recyclage des solvants, dans l’objectif de réduire notre impact environnemental. Cette année, nous dédions 3 M€ à la réalisation d’un “back up“ de l’incinérateur afin d’arriver à zéro émission sur la partie gaz. L’unité devrait être effective à la fin du premier trimestre 2021. Nous serons les seuls en France à disposer d’une telle unité.
Il y a aussi un important projet au niveau de la station d’épuration. L’actuelle permet déjà de traiter tous les effluents d’une ville de la taille d’Avignon. Les travaux que nous prévoyons permettront d’ajouter un traitement aux charbons actifs en sortie de station afin d’approcher le zéro rejet. Le chantier devrait débuter courant 2021. Il est estimé entre 700 et 800 k€.
Nous allons également revoir toute notre unité de traitement des eaux alimentant le site. L’enveloppe budgétaire dépasse le million d’euros. Lancés cette année, les travaux devraient s’achever en 2021.

Toutes ces dépenses visent à la réduction de votre impact environnemental…
En effet. Depuis 2005, nous avons d’ailleurs réduit notre consommation d’eau de 75 %. Notre objectif est de produire proprement et de manière locale. D’ailleurs, nous travaillons aussi, en partenariat avec EDF et la Cleantech Vallée (Sanofi en est un membre fondateur, NDLR), à la création d’un parc photovoltaïque qui sera situé à côté de notre usine. Ce sera notre plus gros projet d’extension. Le futur parc portera sur environ 40 000 m2. Nous souhaitons passer une partie en autoconsommation. Les travaux pourraient commencer en 2022.

Avez-vous également des investissements en vue ne portant pas sur la réduction de votre impact environnemental ?
Oui. Cette année nous avons commencé la synthèse d’un nouveau produit destiné au pôle oncologie du groupe. Il s’agit d’un traitement en phase 3 d’étude clinique, il n’est pas encore commercialisé. C’est un traitement oral qui améliorerait considérablement le confort des patients. Plus de 3,5 M€ ont déjà été investis cette année par notre site pour assurer une partie de la synthèse de ce produit. D’autres dépenses sont à prévoir en fonction de l’issue des différentes étapes d’études cliniques et de demande d’autorisation de mise sur le marché.

 

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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