Comment Lyra veut tutoyer les 150 M€ de chiffre d'affaires dans cinq ans
Le groupe haut-garonnais Lyra, spécialisé dans la sécurisation des paiements en e-commerce et en magasin, veut « approcher les 150 M€ de chiffre d'affaires à l'horizon 2028, contre 78,9 M€ enregistrés en 2022 et entre 85 et 90 M€ projetés cette année », indique à La Lettre M Alain Lacour, président exécutif. Pour atteindre ces objectifs, le groupe fondé en 2001 doit accompagner la mutation du marché. « Nous devons miser en particulier sur notre établissement de paiement Lyra Collect, en nous positionnant comme guichet unique pour tous les moyens de paiement européens, mais aussi non-européens en soutien aux marchands réalisant des transactions avec des Chinois, des Indiens, des Brésiliens, etc », estime-t-il.
Miser sur Lyra Collect
Cette nouvelle orientation stratégique s'inscrit dans un contexte plus global. « Notre métier historique, celui de la connexion des terminaux de paiement, est sur le déclin, analyse Alain Lacour qui - suite au récent départ de son ex-DG, Anton Bielakoff - pilote désormais directement Lyra, entouré de ses six directeurs. C'est une commodité qui sera de moins en moins utilisée à l'avenir. Par ailleurs, notre activité de passerelle de paiement, que nous déployons depuis 2009, va prochainement se heurter à un plafond de verre. Elle représente actuellement un volume d'affaires de 14 M€ et nous estimons que cela n'ira pas au-delà de 18 M€. Sur ce marché, la croissance ne sera pas infinie... »
Autant de raisons qui poussent le dirigeant à investir encore davantage sur sa troisième grande activité : Lyra Collect. « Sur ce marché, il n'y a pas de plafond de verre, assure-t-il. Nous allons continuer à le développer pour proposer l'une des plateformes les plus riches en moyens de paiements, afin d'offrir aux marchands européens une solution globale. C'est la clé de notre développement de demain. » Dans ce cadre, Lyra devrait mettre sur le marché à la fin du premier trimestre 2024 une solution "tap to phone" – permettant de transformer un smartphone en terminal de paiement – à la fois « contactless et QR Code », indique le dirigeant.
Les ESN et les licornes dans le viseur
La croissance attendue par le groupe de Labège, qui compte actuellement 450 salariés (dont 240 en France), devrait s'accompagner de nombreux recrutement. « Nous avons actuellement une quarantaine de postes ouverts », confirme Alain Lacour, qui recherche principalement des développeurs. Sur un marché des ressources humaines particulièrement tendu, le président exécutif de Lyra n'est pas tendre avec les ESN, qu'il voit comme « les termites du développement des entreprises technologiques ». Et d'expliquer que, de son point de vue, ces entreprises de services « se sont peu à peu transformées en expertes en recrutement ».
Autre type de structures à s'attirer les foudres du dirigeant : les licornes, ces start-up non cotées valorisées à plus d'un milliard de dollars. « Toutes ces entreprises - qui ont levé massivement des fonds en disant "je vaux tant" et qui font finalement des chiffres d'affaires relativement ridicules - nous font du mal, soupire-t-il. Car elles ont pillé les collaborateurs en proposant du full remote (télétravail complet, NDLR) et des salaires extravagants. Mais attention, ce sont des structures fragiles... » Et le dirigeant de poursuivre son constat : « Nous avons fait le choix de l'autofinancement ; cette absence d'augmentation de capital nous rend d'une certaine manière invisibles. Ce mouvement a eu des effets pervers, en déstabilisant les entreprises solides. Mais à mes yeux, la bulle des "licornes" - notamment dans les fintechs - est déjà en train d'exploser... »
Le groupe Lyra revendique plus de 20 milliards de paiements sécurisés et transmis dans le monde en 2022.











