Comment l’usine Coca-Cola de Castanet-Tolosan passe au vert
Grâce à la trajectoire de décarbonation de son usine de Castanet-Tolosan, près de Toulouse, Coca-Cola European Partners (CCEP) France vient d’obtenir la certification PAS 2060. « C’est une nouvelle étape vers notre objectif ‘’Net Zéro’’ d’ici à 2040 », se réjouit Hedi Hichri, directeur affaires publiques du groupe aux 2 Md€ de CA. Depuis 2019, CCEP France a investi 7 M€ dans son site haut-garonnais de 110 salariés pour diminuer ses émissions de CO2 dans l’utilisation des ressources, les transports, le processus de production, la fabrication des emballages, les activités logistiques et la gestion des déchets. Ces trois dernières années, il a réduit de 10 % son empreinte carbone en France, alors que les volumes ont augmenté de 9 %.
Réduire le plastique
Parmi les 7 M€ investis, CCEP France a équipé l’usine de Castanet-Tolosan de deux groupes froids pour 1,2 M€. Ils ont permis l’arrêt définitif de la chaudière à gaz de l’usine en mars dernier. Le groupe a aussi travaillé à la réduction des emballages, « qui représentent 47 % de son empreinte carbone », précise Mathieu Van Liefde, responsable des opérations. Un défi de taille, puisque la multinationale Coca-Cola se trouve à la tête des entreprises qui génèrent le plus de déchets plastiques dans l’environnement, selon le classement 2022 de l’ONG Break Free From Plastic. Sur ce site, les bouteilles sont uniquement composées de plastique et leur taille varie de 0,5 à 2 litres. Pour l’instant, seuls les formats 0,5 litre sont entièrement réalisées à partir de plastique recyclé. « Nous voulons atteindre 100 % de plastique recyclé pour tous les formats d’ici à 2030 », ajoute Mathieu Van Liefde. Fin 2022, l’usine a mis en place le bouchon attaché au goulot, afin de respecter le même cycle de tri que les bouteilles. « Nous avons également réduit de 1 gramme le plastique au niveau du goulot, ce qui représente 3 tonnes de plastique en moins par semaine », poursuit le responsable des opérations. Quant aux moules pour souffler les bouteilles, ils ont été remplacés par des modèles plus performants, « qui tournent moins longtemps et permettent d’économiser de l’électricité. »
Par ailleurs, la production de sucre – l’un des ingrédients principaux de cette boisson pétillante, issu à plus de 90 % de la filière betterave française – est aussi très énergivore. « Même s’il s’agit d’une émission indirecte, nous travaillons avec nos fournisseurs afin qu’ils aient une trajectoire de décarbonation », assure Hedi Hichri. L’usine a mis en place un réseau de ferroutage pour le transport de ce sucre. « Cela permet de faire rouler les camions seulement sur les 30 derniers kilomètres du trajet, et donc de diminuer de 80 % nos émissions de carbone », ajoute Cédric Cassan, responsable technique du site.
Optimisation de la consommation d’eau
Ces investissements s’ajoutent à des opérations réalisées précédemment par le groupe, comme le remplacement de l’ensemble des équipements de traitement de l’eau, chiffré à 2,5 M€. Chaque année, le site de Castanet-Tolosan produit 180 millions de litres de boissons sur ses deux lignes. L’eau de la Garonne est potabilisée par la ville, puis transformée en « eau ingrédient » dans l’usine. « Pour chaque litre de boisson, nous utilisons 1,17 litre d’eau, explique Cédric Cassan. Cela fait de nous l’une des usines CCEP les plus performantes au monde. »
Autre investissement de 7 M€, réalisé en 2019 : le nouveau dépôt (4 900 m2) qui peut stocker jusqu’à 12 000 palettes, soit deux fois plus qu’auparavant. « Avant, nous stockions une partie de notre production dans un entrepôt de Toulouse, ce qui nous obligeait à faire des trajets en camion », explique Vincent Devienne, directeur de l’usine. Grâce à cet investissement, l’usine peut aussi fournir l’ensemble des boissons de CCEP à ses clients, et plus seulement les bouteilles qu’elle fabrique. « Cela permet d’optimiser nos flux, car les camions n’ont plus besoin de récupérer d’autres commandes dans des entrepôts externes, tous les produits sont disponibles sur notre site à Castanet-Tolosan », poursuit le directeur. L’investissement comprend aussi la création de deux quais back loading, qui permettent aux camions de charger la marchandise par l’arrière. Et depuis décembre 2020, la partie logistique est autosuffisante grâce à 1 500 panneaux photovoltaïques qui recouvrent 80 % de la toiture de l’entrepôt. Prochain défi pour l’usine, qui fait partie des cinq sites de CCEP France : convertir ses chariots élévateurs à moteur GPL en biogaz dans les prochains mois et, à terme, les remplacer par une flotte électrique.










