Comment le monde économique réagit au 3e confinement
Après l’annonce des quatre semaines de confinement par Emmanuel Macron, les forces vives d’Occitanie interrogées par La Lettre M accusent le coup mais font aussi preuve de pragmatisme. « Nous sommes beaucoup plus sereins cette fois, confirme Jalil Benabdillah, président de Leader Occitanie (plus de 200 entreprises adhérentes) et dirigeant de SDTech à Alès. D’ailleurs, je n’ai pas reçu d’appel, ni de la part de mes salariés, ni des membres de Leader Occitanie. » Ces annonces constituent un moindre mal, abonde Sophie Garcia, présidente du Medef Occitanie. « Au moins, cette fois, on peut travailler. D’un point de vue psychologique, c’est important de savoir que les réouvertures des établissements vont peu à peu reprendre à partir du 15 mai ». Encore un coup de collier à donner, résume le président de la CCI Hérault, André Deljarry, mais qu’il souhaite être le dernier : « Fin avril, cela fera sept mois d’attente pour les entreprises fermées à la suite du reconfinement d’octobre. Presqu’un an et demi pour les discothèques ! » En revanche, l’appel à la généralisation du télétravail en laisse plus d’un perplexe. « Nos territoires ne ressemblent pas aux tours de la Défense remplies d’entreprises du tertiaire, rappelle Samuel Hervé, président du Medef Hérault. Le télétravail n’est pas si simple à mettre en place même si nous sommes mieux équipés aujourd’hui. » Sans compter les conséquences psychologiques qu'il redoute et des bilans d'entreprise encore compliqué cette année.
Commerce et tourisme
Du côté des commerces « non essentiels », le moral est en berne. « Ils sont en train de nous massacrer psychologiquement ! », alerte Odette Daudé, gérante d’une boutique de lingerie à Montpellier et présidente de l’association des commerçants de l’Écusson (300 adhérents). Il faut responsabiliser la population. Nous avons des masques, du gel, nous sommes prêts. » Quant au secteur du tourisme, qui s’apprêtait à accueillir les premiers vacanciers, on déchante mais avec, tout de même, « le sentiment que les choses avancent, notamment avec la vaccination, tempère Philippe Robert, président de la confédération hôtellerie plein-air Occitanie (900 adhérents). Le mois d’avril représente 6 % de nos nuitées, tout n’est donc pas perdu. » Jacques Mestre, président de l’Umih ex-LR, apprécie d'avoir « enfin une date approximative de réouverture ! Mais il nous faut des précisions : combien de gens à l’intérieur ? Les terrasses seront-elles ouvertes uniquement le midi ?... » Si, par rapport au premier confinement, le secteur du bâtiment se dit plutôt serein, la promotion immobilière, par la voix de Laurent Villaret, président de la FPI Occitanie Méditerranée, redoute « en raison du télétravail, un allongement des délais d’attributions de permis de construire et autres autorisations d’urbanismes. » Quel que soit le secteur d’activité, l’espoir repose sur la vaccination. « Si nous jouons tous le jeu, l’activité pourra reprendre dans quatre semaines. Il faudra cependant que la vaccination accélère », insiste Sophie Garcia.










