« Comme un parfum de campagne » : le ton monte entre Moudenc et son opposition
L’atmosphère était particulièrement électrique, le 27 juin, en ouverture du conseil de Toulouse Métropole. En cause : la campagne de communication baptisée « 5 ans de progrès partout ! », menée par Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse et président de Toulouse Métropole. Et si l’édile assure ne pas être « en campagne électorale, mais au travail », son opposition, elle, voit rouge. Claude Raynal, président du groupe socialiste de Toulouse Métropole, évoque « un parfum de campagne » et une « mascarade ». Et d’ironiser : « Voilà une campagne de communication inédite par son ampleur et par son thème. On connaissait tous les “Six ans de mandat”, voire le “Mi-mandat”. Là, on innove, avec le “Cinq ans de mandat”. Et c’est encore mieux quand c’est, évidemment, financé par le contribuable. Grosse communication, conférence de presse, création d’un nouveau parti, publication d’un livre : et à la sortie de tout cela, Monsieur Moudenc, vous n’êtes pas candidat ! »
« Votre propagande est mensongère »
Pierre Cohen, ancien maire de la Ville rose, aujourd’hui président du groupe Générations, socialisme et écologie, monte lui aussi au créneau contre le maire en place. « Votre propagande est mensongère, assure-t-il. Vous avez usé et abusé de l’argent des contribuables pour mettre en scène votre politique. Vous êtes moralement fautif. Comment dépenser tout cet argent pour dire des choses qui sont inacceptables ? » Un avis partagé par Michèle Bleuse, co-présidente du groupe d’opposition Métropole Citoyenne : « Il y a des grands écarts entre la communication et la réalité. Ce qui n’est pas dit aux Toulousains, c’est que leur maire fait peser de très gros risques sur les finances métropolitaines à partir de 2020. Le prochain mandat risque d’être celui des mains liées. » Pierre Lacaze, président du groupe des Communistes, républicains et citoyens, interpelle lui aussi Jean-Luc Moudenc : « Vous êtes en campagne électorale. Il faut que vous ayez la tête à Toulouse, pas à Paris. Vous êtes en train de régler votre fauteuil de maire à Matignon ou à l’Élysée. C’est une démarche que nous n’apprécions pas. Arrêtez de donner quitus à vos amis du gouvernement, regardez la réalité des habitants de Toulouse ! » Face aux attaques, Sacha Briand, vice-président LR de Toulouse Métropole, évoque « la mauvaise foi » de l’opposition. « Cette communication est faite quasiment chaque année, se défend-t-il. Nous avons toujours affirmé notre volonté d’expliquer, de rendre compte à nos concitoyens. Et nous le faisons sans aucun budget supplémentaire : ce sont les crédits habituels de la communication. »
> À lire également : Moudenc vante son bilan et tacle son opposition










