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Industrie
| 31/05/2017

Comatec mise sur le packaging premium pour la restauration

La PME audoise Comatec, spécialisée dans le packaging pour les professionnels de la restauration (traiteurs, collectivités, épiceries fines, hôtels, restaurants…) devrait échapper à l’interdiction de la vaisselle plastique jetable en 2020. « Nos verrines, plateaux repas ou coffrets sont considérés comme des emballages, et non pas comme de la vaisselle », précise Tatiana Rumeau, directrice générale. Ce qui ne l’empêche pas de demander une révision de la loi de 2015. Celle-ci ne pose pas, d’après la dirigeante, « la question de fond, à savoir les modalités de tri et de recyclage », et risque de jeter un discrédit sur la filière. Tatiana Rumeau critique par ailleurs les objectifs de la loi transition énergétique en matière de teneur biosourcée minimale (50 % pour les assiettes, verres et gobelets jetables à partir de 2020, 60 % à partir de 2025) : « Cette mesure va encourager les importations massives de l’Asie, car on ne trouve pas encore des matières premières végétales en Europe qui puissent répondre aux critères de nos clients. »

Face à des géants comme Metro, Comatec mise sur des produits haut de gamme - design du packaging et qualité du thermoformage -, l’export et l’innovation. L’international pèse à présent 40 % de l’activité, avec une présence dans 60 pays (Europe, Moyen Orient, Amérique du nord), au lieu de 23 pays en 2009. Pour s’approcher des 50 % à l’export, Comatec cible l’Amérique latine et l’Asie, via des distributeurs existants. Côté innovation, la PME, qui dispose d’un bureau d’études (3 cadres), a été parmi les premières, voici dix ans, à mettre sur le marché français des produits biodégradables, en gaine foliaire de palmier, en bambou et en fibre de sucre de canne. Le marché n’a pas répondu tout de suite présent. « L’engouement pour les produits biodégradables remonte à 2011-2012. Au début, les clients rejetaient ce type de produits. Ils les trouvaient sales, pas homogènes et comportant parfois des tâches brunes, du fait de l’origine végétale. » Aujourd’hui, ce segment représentent un tiers des ventes. La gamme s’enrichit cette année avec l’utilisation du bois de peuplier, exploité dans le Jura. Avec un défi à relever : le prix de revient de ces produits biosourcés - coût de la matière première et process de production - reste encore trop élevé pour atteindre la rentabilité. Comatec vise une progression, cette année, de 5 % en France et de 3 % à l’export. En France, la mauvaise passe des hôtels-restaurants est compensée « par les nouvelles solutions à livrer des traiteurs, et le développement du snacking et des consommations nomades », détaille Tatiana Rumeau. La PME emploie 26 salariés pour un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros, et appartient depuis 2015 au groupe britannique Bunzl (hygiène et sécurité).

Hubert Vialatte / vialatte@lalettrem.net
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