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Languedoc-Roussillon
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Immobilier
| 31/05/2021

Chute libre de la mise en vente de logements neufs : les promoteurs inquiets

« Nous n’avons toujours pas de signe de redressement », alerte Laurent Villaret, président des promoteurs immobiliers Occitanie Méditerranée (FPI OM). Une nouvelle fois, la fédération, qui redoute un trou d'air en 2021, tire la sonnette d’alarme face à la chute de l’offre de logements neufs*. « Cette crise de l’offre est encore visible ce premier trimestre 2021, au niveau national comme en ex-Languedoc-Roussillon. » Ce marché sous-offreur s’explique, selon la FPI OM, par une forte inertie dans le montage des opérations, une moindre attribution des permis de construire, un manque d’offre foncière ou encore un retrait de logement à la commercialisation.

Recul des mises en vente
Le 1er trimestre 2021 enregistre une baisse de 17 % par rapport au 1er semestre 2020 avec 879 logements lancés commercialement en Languedoc Roussillon. En 2020 déjà, la mise en vente de logements neufs avait chuté de 30 % par rapport à 2019. Pour la seule Métropole de Montpellier, la baisse enregistrée ce trimestre est de 5 % avec un niveau de mises en ventes divisé par 2,5 en trois ans. Les marchés secondaires ne sont pas épargnés, à l'instar de Perpignan Méditerranée Métropole (-74 %), Nîmes Métropole (-19 %).
Sur les territoires de Sète Agglopôle Méditerranée, Béziers Méditerranée et du Grand Narbonne, les mises en vente sont proches de nulles. « Si les mises en ventes restaient sur ce rythme, on atteindrait entre 3000 et 3 500 logements cette année, du jamais vu », note Laurent Villaret rappelant les 7 000 mises en ventes proposées en 2017. La FPI OM craint qu'« à ce rythme, le recul des mises en ventes au second semestre 2021 soit pire qu’en 2020. »

Certains marchés secondaires viennent rééquilibrer le territoire
Malgré la situation en ce début d'année, le président de la FPI OM veut rester optimiste sur les marchés secondaires où des opérations sont en gestation et qui pourraient aussi bénéficier d'un marché de report. « Beaucoup d’opérations se préparent sur Nîmes et sont étudiées par les collectivités qui veulent garder la maîtrise de leur urbanisation, indique-t-il. La pénurie de logements sur des territoires en tension comme Montpellier en raison de son attractivité, peut alors créer un marché de report. Ainsi, le marché nîmois pourrait gagner entre 200 et 300 logements par an. Il en est de même pour Sète avec les opérations de renouvellement urbain sous forme de Zac significatives aux deux entrées de la ville, mais aussi à Lunel avec nombre d’opérations qui vont sortir d’ici un an environ. Les éventuels reports sur ces villes pourraient ainsi contribuer à rééquilibrer le territoire. »
Concernant le marché de Perpignan, le président de la FPI OM confie ne pas avoir d’inquiétude : « Il est plutôt stable finalement et il devrait y avoir un phénomène de rattrapage sur 2021- 2022 ». Évoquant les marchés de Béziers et de Narbonne, Laurent Villaret estime qu' « ils ont été tués par le retrait du zonage B2 concernant le dispositif Pinel. L’absence du Pinel n’empêche pas de faire des opérations mais le rythme de sortie des opérations est de fait moins rapide ».

Répondre au besoin de logements sociaux
Le niveau des stocks est quant à lui bas : neuf mois contre quatorze normalement. Il pourrait être « très critique dans six mois faute de mises en vente suffisantes », prévient Laurent Villaret. Ce manque de production a un impact significatif sur les logements sociaux et abordables. « Nous échangeons avec les bailleurs sociaux qui sont inquiets de leurs perspectives de production en maîtrise d’ouvrage directe et en vente en l’état futur d’achèvement, souligne Philippe-Antoine Brouillard, DG de Vestia Promotions et vice-président de la FPI OM. La fédération travaille d’ailleurs à un partenariat avec l’Occitanie Méditerranée Habitat qui regroupe l’ensemble des bailleurs sociaux. »

Un recul de l'offre sauf à Montpellier
L’offre de logement neuf recule partout au 1er trimestre 2021 par rapport au 1er trimestre 2020. Seul le territoire de Montpellier fait figure d'exception avec une offre de logement en hausse de +12 %. Toutefois, cette hausse n'est que la résultante de plusieurs facteurs (baisse des mises en vente, des désistements, des retraits de logements de la commercialisation) qui masquent un manque d'offre récurrent. Avec 2 194 logements (contre 1 951 au 1er trimestre 2020), l'offre de logement reste en deçà des 3 000 logements atteints en 2017.

Une hausse des prix
Autre sujet d’inquiétude, une demande des investisseurs, comme des acquéreurs de résidences principales, qui augmente ces derniers mois. Cette situation entraîne une hausse des prix. Ainsi sur la métropole de Montpellier, le prix du mètre carré habitable hors parking atteint 4 500 € (+ 4,6 % au 1er trimestre 2021, par rapport au 1er trimestre 2020). Sur les autres villes du Languedoc-Roussillon, les prix sont stables à Nîmes (3 496 €), Narbonne (3 263 €) et Perpignan (3 495 €) tandis qu’à Sète et Béziers, les prix augmentent respectivement de 5,7 % (3 864 €) et 6,4 % (3 778 €).

*Source - Aquéquation

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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