Cession d’Areva T&D à Alstom-Schneider : trois sites héraultais sous pression
L’Etat a opté dans la soirée du lundi 30 novembre pour la candidature tricolore d’Alstom et Schneider dans le cadre de la vente de la division Transmission et Distribution (T&D) du groupe nucléaire Areva, qui emploie environ 650 salariés dans l’Hérault sur trois sites (Fabrègues, Montpellier Pompignane et Lattes). Ces trois sites vont passer sous la coupe de Schneider Electric, qui va hériter de la branche Distribution. Areva avait reçu le 9 novembre trois propositions fermes d\'achat venues des français Alstom-Schneider, de l\'américain General Electric et du japonais Toshiba.
Selon le quotidien Les Echos, le japonais Toshiba « dont l’offre financière était supérieure », envisage pourtant d’ores et déjà « de déposer un recours auprès du Conseil d’État ». Le groupe nucléaire avait acheté T&D à… Alstom en 2004 pour quelque 900 millions d\'euros. « La cession effective d’Areva T&D devrait ainsi intervenir en 2010 », indique le ministère de l\'Economie.
Aucune fermeture de site… jusqu’à début 2013
L’offre de reprise d’Alstom et Schneider est la plus critiquée, non seulement par les syndicats, mais aussi par le management d’Areva T&D, qui craignent les conséquences économiques et sociales du démantèlement de leur division. Les deux groupes industriels ont en effet prévu de se partager T&D, Alstom récupérant les activités haute tension et Schneider la moyenne tension. Dans un courrier adressé aux dirigeants d\'Areva début novembre, 41 cadres dirigeants d\'Areva T&D estimaient qu’une cession aux deux Français « conduirait à une perte de marché, et au risque de cessions d\'actifs ou de restructurations de sites industriels ». Alain Vittoz, délégué CGT à Fabrègues, explique ainsi que des sites industriels de T&D ne fassent doublon avec des sites de Schneider Electric, obligeant ce dernier à procéder à des licenciements.-Les deux groupes se veulent rassurants : « En Europe et jusqu’à début 2013, il ne sera procédé à aucune fermeture de sites ». Ils prennent l’engagement de proposer à tous les salariés en Europe un emploi équivalent dans le même bassin d\'emploi. « Il n\'y aura aucun plan de départs collectifs autre que volontaires sauf dégradation significative des conditions économiques », soulignent-ils.
Bruxelles risque de juger illégale la position de Schneider
Alain Vittoz ne se fait pas d’illusion : « Dès qu’il y a rachat, il y a du nettoyage et des restructurations. N’oublions pas qu’on est rachetés par des concurrents. » Autre motif d’inquiétude, également pointé par le député UMP de la circonscription Robert Lecou, cet après-midi à l’assemblée nationale : « Schneider Electric va se trouver en situation de quasi-monopole, avec en sa possession 80% du marché des postes de transformation – activité de Fabrègues, ndlr -. La commission européenne risque de s’y opposer et de leur demander de se séparer d’unité ou de lâcher des parts de marché. »
Pourquoi l’Hérault serait davantage menacé que les autres sites ? « Parce que les trois sont occupés en location, alors que Schneider est propriétaire de ses sites », répond Alain Vittoz. Areva T&D fournit des systèmes et services destinés à la transmission et la distribution d\'électricité, emploie 31 000 des 75 000 employés d’Areva et réalise 40% des ventes du groupe. Le site de Lattes est spécialisé dans la R&D et les services transversaux (comptabilité, ressources humaines, informatique…) et la Pompignane dans les disjoncteurs. Un CCE, portant sur les conditions de la vente, se tient jeudi et vendredi à Paris, indique Alain Vittoz.
(avec AFP)










