Ce qu'il faut retenir de l'intervention de Michaël Delafosse devant le Cobaty Montpellier Méditerranée
Grande affluence à la soirée du Cobaty Montpellier Méditerranée, ce 22 juin au Domaine Grammont, avec 200 professionnels de l’acte de bâtir venus écouter Michaël Delafosse, maire et président de la Métropole de Montpellier. Face aux attentes fortes du secteur, l'élu détaille et confirme à nouveau sa vision de l'aménagement du territoire - limiter l'étalement urbain et miser sur les mobilités - dans un contexte de transition écologique. Afin de relever ces défis, l'élu entend développer « la capacité à faire » de la collectivité et de ses satellites comme ACM, Serm-SA3M ou encore le futur Office foncier solidaire. « Montpellier accueillera le congrès international du Cobaty le 15 juin 2023 où sont attendus entre 1 000 et 1 200 cobatystes », annonce Abdel Ameur, président du Cobaty Montpellier Méditerranée en préambule de la soirée. Une annonce qui fait aussi écho à l'ambition de Michaël Delafosse d'accroître la notoriété et la visibilité de Montpellier au niveau européen.
Morceaux choisis.
Aménagement. « Nous travaillons pour les trente prochaines années. Il n’y aura plus d’étalement urbain. Nous allons analyser le foncier qui pourra être recyclé ou transformé. Les syndics peuvent nous y aider, je les y invite. Nous n’allons plus laisser faire d’urbanisation à la parcelle et préférons développer l’approche de territoire de projet et les Zac. Nous sommes en mode combat pour libérer du foncier dans les Zac République, Port-Marianne, EAI, du Coteau, Saint-Roch, la Pompignane, Zac François Delmas, Ode à la mer… La Zac Pagezy (70 000 m2, NDLR) est un serpent de mer pour lequel il faut relancer les études. Si ACM Habitat vise aussi à être un partenaire de la promotion, la Serm-SA3M doit retrouver une culture de l’aménagement et de la capacité à aller vite, c’est un discours que je veux faire passer en tant que président de la Serm-SA3M. »
OFS et agence d’urbanisme. « De son côté, Claudine Vassas-Mejri travaille à la création du futur Office foncier solidaire (OFS) aux côtés d’ACM, Serm et FDI. Notre souhait est de développer une culture du projet urbain avec des règles, du challenge dans le but de faire d’une contrainte un acte de création. La délibération en conseil est prévue en novembre pour sa création sous statut associatif d’abord, pour une opérationnalité fin 2021. La métropole apporte 2,7 M€, soit 50 % du capital. Pour relever le grand défi de l’aire urbaine, nous allons créer une agence d’urbanisme et développer une vision sur un grand territoire pour répondre à la croissance démographique en coopérant avec les élus de Lunel, Ganges, Gignac, Lodève… »
Renouvellement urbain. « Nous voulons étendre le cœur de la métropole en travaillant sur le centre-ville. Nous allons végétaliser la place de la Comédie qui doit devenir « the place to be », faire bouger l’Esplanade pour en faire une Esplanade de la culture. Ce projet fera l’objet d’une 3e visite à Montpellier d’Emmanuel Macron, président de la République. Il y a aussi la percée de Pagezy qui se traduira par la démolition de l’ancienne mairie ou encore le programme de rénovation urbaine Mosson-Cévennes (380 M€, NDLR), où il faut développer des coulées vertes, augmenter la valeur foncière et redensifier pour en faire un petit Brooklyn… Notre objectif majeur est de travailler sur la tour d’Assas qui attend des travaux depuis 2010 ! Nous devons gagner sur la capacité à faire ! »
Avenue des artisans. « Nous réfléchissons à repositionner les électriciens, les plombiers-chauffagistes, etc. sur l'avenue Gambetta. En effet, ces artisans sont sortis de la ville pour trouver des locaux. Nous avons aussi des idées pour les artisans d'art que j'évoquerai plus tard. Nous savons que 700 entreprises veulent s'implanter à Montpellier. Or nous avons une capacité d'accueil de 200. Que fait-on des 500 autres ? Il faut échanger avec les intercommunalités voisines qui ont peut-être des fonciers disponibles. Pour les besoins d'importantes surfaces, nous sommes en repérage de sites comme le Min qui a besoin d'un second souffle par exemple et répondrait aux défix de la logistique urbaine. »
Med Vallée. « Si Toulouse mise fort sur l’aviation, nous devons être très forts sur la santé. Au nord de la métropole, il y a les organismes de recherche et la puissance publique pour aider à porter la Med Vallée, qu’Emmanuel Macron lancera le 10 octobre prochain, contribuant ainsi à faire de Montpellier une ville où se crée la reconquête de la souveraineté sanitaire. Le site de Saint-Eloi deviendra un hôtel dédié aux entreprises et aux start-up. Il faut qu’un chercheur ait un labo et une start-up ou un labo, un ingénieur et une start-up. MedXcell va implanter sur l’emprise du CHU une usine qui va fabriquer un traitement pour la régénération des cellules face à l’arthrose notamment. Nous sommes en avance sur la Chine. L’objectif est de produire en masse ce traitement et de créer une centaine d’emplois. Pour les architectes et les acteurs du BTP, il y a dans ce domaine des savoir-faire à développer. C’est un vrai challenge qui permettrait à Montpellier de figurer sur la carte du monde ! »
Zac EAI. « Sur l’EAI, on sent évoluer la cité créative. Les besoins exprimés par les acteurs de l’industrie culturelle et créative (ICC) sont importants à l’instar de Dwarf, Artfx, Esma… Nous allons densifier le mess des officiers et rajouter 35 000 m2 (tertiaire, logement, commerce). Nous travaillons aussi pour ajouter des bureaux dans ce périmètre de la ville ou encore dans le quartier Ovalie. J’ai rencontré Delphine Ernotte, la présidente de France Télévisions, qui est déjà présent au sein de la métropole, à Vendargues. Dans le cadre de la production des séries tournées sur le territoire, elle envisage de fermer certains sites pour tout concentrer ici, avec peut-être d’autres projets de construction à la clé. »
Zac Cambacérès. « Cette Zac dédiée au numérique, petite Silicone Valley et futur quartier d’affaires, met beaucoup de temps à sortir. Il faut accélérer au maximum et lancer les lots pour que les entreprises tirent profit de la gare Sud de France et du tram. À Montpellier, toutes les heures se crée un emploi, c’est le discours que je souhaite tenir. »
Stade. « La commission du débat public travaille sur ce dossier de stade qui accueillera le musée Louis Nicollin, - dont la superficie est identique à celle du musée du Quai Branly à Paris. Il est porté par le privé à hauteur de 180 à 200 M€ d’investissement environ. Je l’espère pour 2025. 70 % des abonnés au club sont, semble-t-il, concentrés dans le périmètre de Lattes et du quartier Port-Marianne à Montpellier : le choix de l’implantation à Ode à la mer est donc pertinent. L’ancien stade sera transformé et accompagnera le projet de réorganisation de l’urbanisation du quartier de la Mosson. »
Rocades. « Sur la déviation est de Montpellier, nous travaillons avec Claudine Vassas-Mejri (maire de Castries et vice-présidente de la Métropole déléguée à l’habitat, au logement et aux parcours résidentiels, élue sortante du CD 34, NDLR). Depuis 1993, on nous parle du contournement ouest. À travers un courrier commun (Métropole, CD 34 et Région, NDLR), pour la première fois, nous avons sollicité l’État. D’ailleurs, nous échangeons à ce sujet avec Jean Castex. »










