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| 18/09/2012

CCI de Nîmes : l’équipe Douais va porter plainte pour des « anomalies financières »

Dans un communiqué publié ce matin, la CCI de Nîmes, présidée par Henry Douais (CGPME), annonce son intention de « déposer dans les jours à venir une plainte entre les mains de M. Le procureur de la République de Nîmes ». Cette plainte concernerait des « anomalies financières (…) susceptibles pour certaines, sous réserve de ce qu’une enquête de police pourra révéler, de caractériser le délit de détournement de fonds publics ». Et d’autre part « des situations suspectes (…) dans la gestion de certains contrats ou concessions qui, sous la même réserve, pourraient caractériser les délits de favoritisme, prise illégale d’intérêts, ainsi que le recel de ces deux délits ». Interrogé par La Lettre M, l’avocat de la CCI, Jean-Pierre Cabanes, indique que les faits de prise illégale d’intérêts concerneraient notamment Jean-Marc Rouméas, dirigeant de Rouméas TP (et président du Medef départemental), gestionnaire pendant 21 ans, et jusqu’à début septembre, via sa filiale Port Midi, du port fluvial de l’Ardoise, à Laudun. L’ancien président de la CCI, Éric Giraudier, serait visé pour des frais de déplacement, et pour l’attribution, irrégulière selon l’avocat, du marché de la bodega de la CCI pendant la Feria de Pentecôte 2011.
Audit
Ces faits auraient été mis à jour, selon la CCI, par un audit, effectué par un cabinet externe, des comptes et de la gestion des chambres de 2009 à 2012. Elle concernerait donc les mandats de Denis Volpilière et Éric Giraudier, les prédécesseurs d’Henry Douais. Un conflit ouvert oppose depuis deux ans Éric Giraudier, et Henry Douais, qui se sont succédés à la présidence de la CCI après l’annulation des élections par la Cour d’appel de Marseille. De nouvelles élections pourraient avoir lieu fin 2012, début 2013, si la Cour d’appel confirme le dernier jugement du TA de Nîmes, qui a à nouveau annulé les dernières élections, en avril.
Éric Giraudier : « écran de fumée »
Interrogé par La Lettre M, l’ancien président Éric Giraudier qualifie cette plainte éventuelle d’ « écran de fumée. Je suis extrêmement serein, je n’ai rien à me reprocher. Toutes les procédures ont été respectées pour la bodega de la CCI. Quant à mes notes de frais, j’en ai retrouvé après avoir quitté la CCI, et j’ai même utilisé pendant une partie de mon mandat mon téléphone personnel. Il faudrait savoir : ils m’ont d’abord reproché une pseudo-voiture de fonction, et maintenant mes notes de frais ! Le calendrier choisi pour cette procédure calomnieuse et dilatoire ne doit rien au hasard, à la veille d’une probable nouvelle élection ».
Jean-Marc Rouméas : « rien d’irrégulier »
De son côté, Jean-Marc Roumeas, président de Rouméas TP se dit étonné par une éventuelle plainte contre lui ou sa société : « Ma société gère le port de l’Ardoise depuis 1990. La concession, qui devait se terminer le 6 septembre 2011, a été prolongée d’un an à la demande du propriétaire, VNF, dans l’attente d’une décision du conseil régional, qui veut reprendre le port. Je ne voulais pas d’une concession directe, c’est donc passé par la CCI. Mais tout s’est fait dans les règles. Au début, dans les années 90, le port me permettait de gagner un peu d’argent, avec les transports d’argile, de gravier, et de chrome pour Arcelor. Puis le projet de canal Rhin-Rhône a été abandonné, Arcelor a fermé… Je n’ai pas besoin du port pour vivre. Au contraire, ces dernières années, il me coûtait de l’argent, de l’ordre de 20 000 € par an ! » Jean-Marc Rouméas a « remis les clés du port à la CCI. J’ai cherché plusieurs fois à avoir des contacts avec les élus de la nouvelle équipe pour parler du port, mais ils ne m’ont jamais reçu ».
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