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Hérault
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| 12/05/2011

CCI de Montpellier : Gabrielle Deloncle en garde à vue

La présidente de la CCI de Montpellier, Gabrielle Deloncle, a été placée en garde à vue, par le SRPJ de Montpellier, dans la matinée du 12 mai, apprend-on auprès de la chambre de commerce de Montpellier. Selon un communiqué de la chambre, l’élue consulaire a été convoquée la veille « pour être entendue en qualité de témoin dans le cadre de la plainte déposée par le Medef de l’Hérault pour des fraudes électorales qui auraient été commises lors des dernières élections de la CCI de Montpellier ». Elle aurait elle-même « souhaité bénéficier du régime de la garde à vue afin de pouvoir prendre connaissance du dossier et être assistée d’un avocat ». À 17 h, la garde à vue de la présidente de la CCI, qui peut être reconduite de 24 h, se poursuivait. Gabrielle Deloncle est assistée par Me Alain Scheuer.

Au moins quatre mises en examen
Depuis lundi 9 mai, une dizaine de personnes ont été placées en garde à vue par deux juges d’instruction montpelliérains dans le cadre de cette enquête. Selon nos informations, trois d’entre elles, au moins, ont été mises en examen : un ancien footballeur montpelliérain reconverti en gérant de discothèque à Palavas, Patrick Soria, le promoteur palavasien Pierre-Olivier Edouard, membre associé à la CCI et président de l’association pour la promotion des flux touristiques, et le commerçant montpelliérain Jean-François Bavoil (LTD Icar), élu et membre du bureau de la CCI. Ces trois personnes ont été remises en liberté. Une quatrième personne, Stéphane Fabrègue, soupçonnée d’avoir collecté un grand nombre d’enveloppes, avait été mise en examen dans le cadre de la même affaire. La fraude porterait, en particulier, sur les votes par Internet, qui avaient permis à la liste Deloncle de remporter l'élection.
50 enveloppes
Interrogé par La Lettre M, Jean-François Bavoil, élu en charge de la communication à la CCI, reconnaît avoir « collecté une cinquantaine d’enveloppes » auprès « d’amis et de copains chefs d’entreprise ». « Cela fait partie des us et coutumes de ce type d’élections », assure-t-il, en ajoutant qu’il n’a pas voté lui-même à la place de ces cinquante personnes. « Le jeu consiste à ramener le plus grand nombre possible d’enveloppes. Si on ne fait pas de collecte d’enveloppes, ce n’est pas la peine d’aller à une élection comme celle-ci ! ». Selon lui, la liste adverse employait les mêmes méthodes, « mais de façon beaucoup plus structurée ». Mounir Taief, un autre commerçant montpelliérain proche de l’équipe Deloncle, qu’il a depuis reniée, reconnaît avoir obtenu 80 enveloppes auprès de commerçants de différents quartiers. Selon lui, un autre collecteur aurait affirmé devant lui « avoir fait entre 800 et 1 000 enveloppes en une seule journée ». Il n’a pas été mis en examen à l’issue de sa garde à vue.
Les partisans de Gabrielle Deloncle s’attendent à une mise en examen de la présidente de la CCI. « Même si c’est le cas, elle ne doit pas démissionner, estime Jean-François Bavoil. Nous devons continuer à réaliser les projets pour lesquels nous avons été élus ».
(article mis à jour à 18h30)
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