Carole Delga précise le contenu de la future Cité de l’économie et des métiers de demain
Environ 3 000 m2, qui ouvriront au printemps prochain, a priori à Montpellier (transaction en cours de finalisation), dédiés à la réflexion sur la nouvelle économie et à la préparation des compétences pour les métiers de demain : Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie, présente ce mercredi 3 octobre, dans le nouveau siège social de Septeo (legal techs, Lattes - 34, 1 000 salariés), le projet de cité de l'économie et des métiers de demain, à deux pas de la nouvelle gare TGV Montpellier Sud de France. Septeo (dirigeants : Philippe Rivière et Jean-Luc Boixel) qui incarne la nouvelle économie, avec des développements pointus en matière d’intelligence artificielle et de blockchain.
Cette cité de l’économie et des métiers de demain, complémentaire de la future cité des start-up à Toulouse*, sera, explique Carole Delga, « un lieu d’expérimentation qui rassemblera un écosystème composé de TPE&PME régionales, de laboratoires, d’universités et de grands groupes », mais aussi de philosophes, sociologues et experts internationaux, pour réfléchir, entre autres, aux nouveaux rapports au travail, à l’entreprise en réseaux et aux mutations de l’économie. Elle sera ouverte aux entreprises, réseaux, clusters, scolaires, demandeurs d’emploi, salariés et jeunes en recherche d’orientation.
« Ce lieu doit permettre au territoire d’anticiper et de ne pas subir, car subir, c’est la pire des choses. Nous n’avons vécu que la première révolution numérique. Des transformations plus importantes vont apparaître. » Citant une étude du cabinet Roland Berger réalisée pour Adecco, l’élue indique que 42 % des emplois en France, soit trois millions, serait menacé par la transition numérique d’ici à 2035. D’après l’OCDE, 25 % des métiers seront, à cette échéance, « considérablement modifiés par l’automatisation » des tâches. « Les entreprises rencontrent beaucoup de difficultés de recrutements. 15 000 emplois sont chaque année non pourvus dans la région, dont certains sont des emplois qualifiés, avec des perspectives d’évolution », ajoute Carole Delga.
La cité de l’économie et des métiers de demain sera constituée de quatre piliers : un centre de réflexion (« ça ne doit pas être réservé à l’incubateur Station F à Paris »), un espace professionnel visant à favoriser l’expérimentation (résidences temporaires de projets innovants, partenariats à l’international, meet-up, groupes de travail et ateliers…), un service usagers pour découvrir concrètement les métiers de demain, avec des forums stage et emploi dématérialisés, des entretiens d’embauche virtuels, des visites virtuelles d’entreprises, un espace ressources…, et, enfin, un service d’accompagnement aux entreprises, avec une présence de l’agence régionale Ad’Occ.
L’idée est de donner à voir la transformation de l’économie, a expliqué Marie-Thérèse Mercier, associée au sein d’EY Montpellier, conseillère régionale et vice-présidente d’Ad’Occ en charge de ce projet. « Les entrepreneurs ont du mal à mesurer tous les impacts, à terme, de l’industrie numérique. »
Le projet semble intéresser l’écosystème local, puisque la consultation web, menée avec Ad’Occ, a donné lieu à 800 réponses – ETI, grands groupes implantés en Occitanie, PME, clusters, structures d’accompagnement, organismes de formation, laboratoires de recherche et collectivités. L’ex-ministre de François Hollande prône une ouverture vers le secteur privé. « J’aime entendre le quotidien des chefs d’entreprise, leurs besoins, leurs projections dans l’avenir. Je suis pour une administration qui s’ouvre, pas pour une administration forteresse. »
Aux côtés de Carole Delga et Marie-Thérèse Mercier, trois membres du comité de pilotage** ont témoigné : Nicolas Ferras (InVivo), François Pierrot (Muse) et Bertin Nahum (Quantum Surgical). François Pierrot : « Je suis roboticien : on dit que les robots vont détruire des emplois, mais ils vont en créer ! L’intelligence artificielle va se développer considérablement. On commence à parler d’informatique quantique. Il ne faudra pas le rater. Ici, les questions de l’eau et des sciences du vivant sont majeures. De nouveaux métiers apparaissent, dans l’irrigation par exemple. »
Nicolas Ferras : « Notre filiale Smag, à Montpellier, emploie 200 salariés, avec une vingtaine de recrutements chaque année. Il faut trouver les bons profils, et les faire évoluer. Smag est hybride, entre technologie et agronomie, ce qui constitue un vrai défi en termes de recrutements. »
Bertin Nahum : « Il ne faut pas limiter les métiers de demain à la seule dimension technologique. La santé est ici un secteur d’avenir, avec les savoir-faire combinés du médical et de la technologie. Nous avons tous les atouts pour être attractifs en dehors de nos frontières. »
Simon Philibert, secrétaire général de l’UIMM LR, pose un regard « bienveillant » sur l’initiative de la Région Occitanie. « Les mutations technologiques touchent de plein fouet notre secteur. Nous nous reconnaissons dans ce projet. Il faudra voir comment il vit, mais cela semble pertinent pour contribuer à revaloriser l’image de notre filière, et expliquer l’évolution de nos métiers. »
Jean-François Blanchet, directeur général de BRL (Nîmes) : « Cette impulsion donnée par la Région doit permettre de prendre un temps d’avance. La cité de l’économie et des métiers de demain pourra aussi décomplexer le rapport aux nouvelles filières et aux technologies. En créant un espace dédié, ouvert à tous, on envoie le signal que c’est l’affaire de tous. »
Un forum ouvert, portant sur ce projet, se tiendra le 5 novembre à l’Espace Capdeville à Montpellier.
* Autre projet de la Région Occitanie, qui prendra place dans les anciennes halles Latécoère, à proximité du bâtiment B612 et de la faculté Paul Sabatier.
** Autres membres du comité de pilotage : Stéphane Reboud (Dell), Pierre Deniset (Kaliop), Christophe Carniel (Vogo), Rachel Delacourt (Zendesk), Jalil Benabdillah (Leader Occitanie), Guillaume Héritier (Groupe Nicollin), Jean-François Blanchet (Groupe BRL), Jean-Christophe Arguillère (Montpellier Business School et Orange), Jean-Marc Bouchet (Quadran), Dominique Seau (Éminence), Luc Martin (UIMM), Christine Fabresse (BPCE), Véronique Bellon-Maurel (Institut Convergence), Philippe Nérin (Satt AxLR), Olivier Alluis (Rakuten), Virginie Monnier-Monge (EDF), Frédérique Letellier (IBM), Caroline Cars-Denise (Horiba ABX) et Kim Trinhthieu (HP).










