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| | 23/04/2008

Carcassonne/Agroalimentaire – Grève dure à l’usine Maison Boncolac

80% des 140 salariés de l’usine de Maison Boncolac à Carcassonne, qui fabrique les glaces Pilpa et Candia, sont en grève depuis mardi 15 avril dernier. Motif de la grogne : une baisse du pouvoir d’achat. Selon leurs représentants, certains salariés perçoivent 1 100 € de salaire mensuel après trente années d’ancienneté. Une semaine après son démarrage, le mouvement se durcit malgré plusieurs rencontres avec la direction.«Nous voulons une hausse de 150 € mensuel, alors que la direction ne nous octroie qu’une augmentation de 2% en deux temps. Cela revient à augmenter nos salaires de 10 à 12 € alors que le smic, lui, augmente de 2,3% » revendique Rachid Aït-Ouakli, le délégué syndical CGT de l’usine. Selon lui, « les deux tiers des salariés travaillent en 3/8 avec l’appui d’intérimaires, que l’on précarise avec des contrats de 20 heures pour certains ». La grève intervient en pleine période de production (22 millions de litres de glaces par an). « On sera au maximum de l’activité en mai » précise le syndicaliste. La direction : « la grève met en danger l’entreprise »De son côté, la direction, basée à Toulouse, estime que le marché de la glace est devenu difficile avec une matière première de plus en plus chère, une concurrence accrue et des prix tirés vers le bas par la grande distribution. « 150 €, cela représenterait 15% d’augmentation. Aucune entreprise ne pourrait y faire face » déclare le directeur général, Serge Garcia, à La Lettre M. « Nous nous sommes engagés dans un accord cadre qui a été signé par l’ensemble des partenaires sociaux, sauf la CGT. Aujourd’hui, après trois tentatives de propositions, nous nous retrouvons pris en otage ». Selon lui, « chaque jour de grève met en danger l’entreprise. Nous avons peu de stock pour nos clients. A terme, les emplois sont en danger. J’espère que ce mouvement, qui ne touche que l’usine de Carcassonne, va vite prendre fin ». La Maison Boncolac a réalisé en 2007 un CA de 97 M€ pour un résultat de 980 000 €, soit 1%. « Ce résultat est du à nos activités de traiteur et de pâtisserie réalisées à Bordeaux et au Pays Basque. De leur côté, les glaces sont déficitaires » souligne le dirigeant. « Nous avons supprimé à Carcassonne deux lignes de production soit 9 millions de litres de glaces, sans supprimer d’emplois ».V. C.

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