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| 1/02/2023

Bruno Bergoend (UIMM MP-Occitanie) : « Un début d’année ambivalent dans la métallurgie »

Bruno Bergoend, président de France Industrie Occitanie et de l’UIMM MP-Occitanie, évoque pour La Lettre M les grands enjeux du secteur métallurgique dans le territoire. Entre boom des carnets de commande, difficultés de recrutement et craintes liées au coût de l’énergie et des matières premières, l’heure est à « l’ambivalence ».

Comment se porte l’industrie métallurgique en Occitanie, notamment la filière aéronautique, qui en est le fer de lance ? 
En réalité, en ce début d’année, la situation est ambivalente. D’une part, dans le secteur régional de la métallurgie, les carnets de commandes sont orientés de façon positive, voire très positive en ce qui concerne l’aéronautique et le spatial, où le plan de charge est conséquent. Mais d’un autre côté, les chefs d’entreprise sont dans l’incertitude, du fait des difficultés d’approvisionnement en matières premières et de la hausse du coût des énergies. 60 % des entreprises régionales du secteur ont ainsi dû renégocier fin 2022 leurs contrats d’électricité, avec des tarifs parfois multipliés par deux, voire par trois ou quatre. Il y a donc un grand écart entre deux contextes différents. 

Qu’en est-il de l’emploi ? 
Le secteur de la métallurgie concentre aujourd’hui environ 119 000 salariés dans le territoire. Et il recrute. Le niveau de l’emploi se rapproche désormais de celui de l’avant-Covid. Le temps de la sous-charge est derrière nous. Mais les entreprises rencontrent toujours des difficultés de recrutement. Dans l’aéronautique, c’est une partie du middle management (management intermédiaire) qui manque sur le marché. L’absence de ces compétences clés rend la montée en cadences de la production plus compliquée.

Les mois à venir pourraient-ils voir les entreprises régionales réduire la voilure, côté recrutements ?
Pour le moment, ce n’est pas le cas. L’emploi n’a pas fait les frais des difficultés rencontrées sur le front de l’énergie et de l’approvisionnement. Car les carnets de commandes sont là. Certaines PME sont amenées à décaler des investissements, mais elles conservent - voire renforcent - leurs effectifs. Cette situation durera-t-elle sur le long terme ? C’est difficile à dire. Nous ne sommes pas dans une période de récession, il n’y a pas eu de casse en termes de remboursement des prêts garantis par l’État (PGE) et nous enregistrons pour l’heure relativement peu de redressements judiciaires. Mais nos entreprises ont des fonds de roulement très faibles. Par ailleurs, les banques sont aujourd’hui un peu frileuses quand il s’agit de prêter de l’argent. La filière fait donc face à un sacré challenge.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@alettrem.net
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