Béziers Méditerranée : Frédéric Lacas dévoile ses projets
Orchestra, prix de l'eau, Écluses de Fonseranes... Le nouveau président de l'Agglo de Béziers Méditerranée expose ses projets économiques à La Lettre M.
Orchestra implantera-t-il une plateforme logistique (100 000 m2 au total, 1ère tranche de 45 000 m2) et un centre commercial à La Méridienne, pour créer aux portes de Béziers 300 emplois ?
« Le projet avance bien, mais on ne peut pas accepter qu’un centre commercial désorganise la ville-centre. Je veux de la complémentarité entre les activités commerciales, et pas de concurrence nouvelle. C’est à ce jour le point d’achoppement du dossier. Sur ce point, je serai solidaire du maire de Béziers. La Ville de Béziers va demander à Orchestra que les nouveaux magasins ne soient pas des concurrents des derniers commerces en centre-ville. »
300 emplois, c’est séduisant...
Certes, mais nous avons trois autres pistes très avancées (pistes prospectées par Invest L.-R., NDLR) pour cette parcelle du parc La Méridienne. Il y a le choix. On ne va donc pas accueillir Orchestra pour aspirer les derniers commerces qui restent en centre-ville. Parmi les projets en négociation, nous choisirons celui qui offre le meilleur rapport qualité/prix, le plus de création d’emplois, tout en prenant en compte l’impact social sur le territoire.
Quelle est la position des dirigeants d’Orchestra ?
Orchestra est prêt à faire un effort de discussion avec les élus, les commerçants et la CCI. Je prendrai une position de principe d’ici 15 jours. Il n’y a pas besoin de tergiverser, d’autant plus que ce dossier Orchestra n’est pas nouveau. Soit on prend, soit on ne prend pas.
Autre sujet : les 15 M€ de baisse de dotation globale de fonctionnement sur six ans. Comment les compenser, sans augmenter les impôts ?
En mutualisant les services entre l’agglo et la ville-centre. Il y a des pistes, comme le SIG (système d’information géographique), l’inspection des permis de construire dans les services urbanisme, la gestion et l’entretien des voiries. Nous avons peu de possibilité d’emprunt. On ne veut pas augmenter la dette, sauf en cas de projet porteur, et avec le concours du privé. Le projet de territoire sera présenté en fin d’année, et le budget voté en février.
Quel est l’investissement phare de ce projet de territoire ?
L’investissement prioritaire est la réhabilitation du site des 9 écluses à Fonséranes, 1er site touristique de l’Hérault avec 450 000 visiteurs annuels. Ce projet fait le consensus au sein du conseil communautaire. Près de 10 M€* seront injectés : parking, musée, point info tourisme, voies douces, restaurant-verrière avec vue sur la cathédrale de Béziers, aménagement paysager, mise en lumière, signalétique pour comprendre le site et renvoyer vers d’autres lieux du Biterrois.
Quels sont les autres projets ?
L’écoport de Sérignan. 25 M€ pourraient être investis en partenariat public-privé pour l’extension du port de 350 anneaux actuellement (à flot) à 1 200 anneaux (400 anneaux supplémentaires en port à sec et 450 supplémentaires en port à flot). Cet écoport peut être lancé demain, et terminé en même temps que les Ecluses de Fonséranes, dans le cadre d’un projet touristique global reliant l’Orb et le canal du Midi. A la clé : 200 emplois directs et indirects. Tout a été anticipé. Le port a déjà été acquis, puis les 30 ha de terrain autour. Le projet a été intégré au PLU de la commune (Frédéric Lacas est maire de Sérignan, NDLR), validé par le Grenelle 2 de l’Environnement. Le projet précédent (porté par l’ancienne majorité municipale et Jean Nouvel, NDLR) était ubuesque : la commune ne maîtrisait pas le foncier. C’était des effets d’annonce.
Il y a aussi la piscine de Sauvian. Je suis pour une piscine au sud de l’agglomération, mais pas à Sauvian. Mais cette localisation a été votée par l’ancien conseil communautaire. Je souhaite aussi valoriser la zone naturelle des Orpellières (Sérignan et Valras). En matière de rénovation urbaine et de zones d’activité économique, des arbitrages devront être opérés. Comment peut-on abonder la rénovation urbaine ? Faut-il agrandir ou réduire les zones d’activité, en fonction des demandes ?
Où en est le projet d’agence de développement économique ?
Pour l’instant, rien n’est fait, mais la volonté est là. Il faut réunir les acteurs institutionnels, les chefs d’entreprises, les élus, pour porter un projet commun de développement du territoire. Il faut simplifier le fonctionnement. Les pertes de temps tuent le développement économique. A ce jour, cette agence n’a pas de périmètre défini. Mais une agence serait un outil pour décloisonner.
Vous souhaitez baisser le prix de l’eau. Comment ?
Le prix de l’eau dans l’agglo est trop élevé à ce jour. Deux raison : il s’agit de vieux contrats, mal négociés. J’admets aussi que le délégataire a beaucoup investi : captages nouveaux, renouvellement des canalisations, réhabilitation des stations d’épuration aux normes du Grenelle 2 de l’Environnement.
Plusieurs contrats arrivent à échéance, dont celui de la Ville de Béziers (eau et assainissement) à fin 2016. Le paysage des 13 communes est actuellement morcelé : soit en régie publique (deux), soit sous contrat avec la Lyonnaise des Eaux, soit avec la Scam. DSP ou passage en régie publique : peu importe le moyen pour baisser le prix à partir de 2017. Je n’ai pas de religion. Ce qu’il faut, c’est lisser les choses et tout reconsidérer de façon globale. Des études sont en cours par le cabinet SP 2000 pour étudier le coût d’un passage en régie.
* Plan de financement projeté : CABM 40 % (4 M€), Région L.-R. 25 % (2,55 M€), Département de l’Hérault 20 % (2 M€), Etat et VNF 10 % (1 M€), Ville de Béziers 5 % (510 K€).










