Avec France Relance, Gimbert Surgelés relocalise la transformation de poissons surgelés
Lauréate du plan France Relance, l’entreprise gersoise Gimbert Surgelés (65 salariés, CA : 13 M€, siège à Fleurance) – qui possède sa marque propre de produits surgelés Gimbert Océan - reçoit une subvention d’1,4 M€ pour relocaliser la transformation de produits de la mer surgelés. Un projet évalué à 7 M€, « inédit en France et même en Europe », assure la présidente de l'entreprise, Stéphanie Pistre. À ce jour, les poissons pêchés dans le monde entier sont, pour l’écrasante majorité, découpés et filetés en Chine, « avant parfois de revenir transformés dans le pays où ils ont été pêchés, souvent les États-Unis », explique-t-elle. Gimbert Surgelés va désormais « court-circuiter » la Chine. « Nous allons acheter nos poissons issus de la pêche sauvage et nous occuper nous même de les étêter, les vider, les fileter puis de gérer la cuisson panée et le conditionnement », précise Stéphanie Pistre.
Une nouvelle usine
Pour sa nouvelle activité, Gimbert Surgelés va construire une nouvelle usine d’environ 2 000 m2 à côté du bâtiment de stockage déjà existant – « Nous avons la réserve foncière nécessaire » - et investir dans trois lignes de production automatisées. « La ligne de conditionnement sera installée dans un premier temps dans notre bâtiment de stockage au premier semestre 2022. Les travaux du nouveau bâtiment devraient quant à eux démarrer à la fin du premier semestre 2022 et s’achever au deuxième trimestre 2023 ». Cet investissement est celui de la dernière chance pour Gimbert Surgelés : victime de la loi Egalim de novembre 2018 venue encadrer la réglementation sur les promotions, l’entreprise a vu son chiffre d’affaires reculer de 45 % en trois ans. « Avant cette loi, nous étions une entreprise florissante. Nous enregistrions chaque année une croissance à deux chiffres. En 2018, nous avons réalisé un chiffre d’affaires de 23 M€. Cette année, nous allons tourner autour de 13 M€ », indique Stéphanie Pistre. Gimbert Surgelés avait bâti son modèle économique sur les promotions qui permettaient à la marque Gimbert Océan « d’être référencée dans la grande distribution » en particulier grâce aux offres « un produit acheté, un produit offert » désormais interdites par la loi Egalim. Dans ce contexte, Gimbert Surgelés, qui produisait 1400 t de produits de la mer par an, est passé à des volumes annuels de 700 t seulement. L’entreprise, qui comptait 90 salariés en 2018 a dû se séparer de 25 d’entre eux.
Remonter la pente
Avec ce nouveau pari « un peu fou », reconnaît Stéphanie Pistre, Gimbert Surgelés espère réduire ses coûts et compte miser commercialement sur cet axe différenciant. L’entreprise vise ainsi un retour aux volumes de production du passé, et souhaite même « monter jusqu’à 2 000 t par an », précise la chef d’entreprise qui prévoit de recruter 20 à 25 personnes. « Dans un premier temps, ce nouvel outil de production sera uniquement dédié aux produits Gimbert. Mais si l’on arrive à être compétitifs, nous pourrons peut-être proposer nos services de transformation à d’autres marques et même à des marques de distributeurs », se projette la dirigeante.










