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| 21/01/2021

Avec Elia Games, Gaël Bonnafous voit très grand

« Cet objectif ultime est très ambitieux », concède d'entrée Gaël Bonnafous. Avec sa deuxième entreprise, l'éditeur de jeux grand public sur mobile Elia Games (sept salariés et quatre indépendants, Saint-Gély-du-Fesc - 34), l'entrepreneur montpelliérain ambitionne d'atteindre « le milliard d'euros de chiffre d'affaires d'ici à 2025 avec un maximum de 70 salariés, hors freelance », annonce-t-il à La Lettre M.

Lancée par des anciens de la société de jeux de culture générale sur smartphone Scimob, revendu 10 M€ en 2015 à Webedia, la start-up réalise 100 k€ de chiffre d'affaires mensuel « en seulement onze mois d'existence », se félicite le cofondateur et actionnaire majoritaire. D'où cette volonté de franchir un cap dès 2021 : générer plusieurs millions de chiffre d'affaires, à condition de sortir au moins un jeu, et lever « plusieurs millions d'euros » auprès de « gros fonds internationaux qui investissent dans des Spotify » pour recruter, en France ou ailleurs, plusieurs dizaines de développeurs et graphistes, précise Gaël Bonnafous.

Revenus publicitaires et achats intégrés

Les candidats devront passer cinq à sept entretiens de vingt minutes chacun avec les cofondateurs et une partie de l’équipe, au nom de la cohésion. Pas question de répéter « les erreurs du passé » : embaucher des individualités, prendre des décisions seul faute de s'être entouré d'associés ou encore « se laisser tenter par un projet peu risqué mais peu rentable, en sous-traitant », raconte-t-il. Le trentenaire veut aller « vite et fort » pour que sa société devienne une référence internationale. « Un Ubisoft plus agile », imagine-t-il.

Elia Games se veut pluridisciplinaire : jeux musicaux, de mots, d’adresse… ou minimalistes, dits « hyper casual » dans le milieu, comme ceux proposés par le leader français Voodoo. Son premier jeu, Top 7, a été téléchargé plus de deux millions de fois, en France, en Allemagne, en Italie, au Brésil... Le modèle économique repose essentiellement sur la publicité via un panel de régies américaines et asiatiques. Google et Facebook pèsent la moitié des revenus publicitaires de l’entreprise. Les achats intégrés, pour obtenir un indice par exemple, représentent près de 25 % du chiffre d'affaires.

« Devenir un acteur pérenne »

La société planche actuellement sur quatre jeux. Mais pas sûr qu'ils réussissent les tests, en interne puis auprès de plusieurs milliers de joueurs, via les réseaux sociaux. Sur les 25 derniers prototypes testés, aucun n'a été commercialisé. « On pourrait sortir des jeux qui ne dépassent pas les cinq millions de téléchargements en quelques mois mais on ne sort que des choses qui vont marcher très fort », insiste Gaël Bonnafous. En parallèle, Elia Games est en train de développer « un outil interne pour projeter la rentabilité du joueur, selon le pays », ajoute-t-il. Une solution que le dirigeant pourrait revendre plus tard comme il l'a fait pour sa première entreprise. « Cette deuxième aventure entrepreneuriale, ce n'est pas pour l'argent, assure-t-il. J'ai réussi ma vie, j'ai presque touché 10 M€ à 33 ans. » Et de poursuivre : « Acheter une belle maison, c’est bien. Fonder une entreprise en déléguant plus et en bâtissant, dès le départ, un socle solide avec des associés, pour devenir un acteur pérenne, c'est mieux. »

Pour l'anecdote, l’une de ses villas fait office de « lieu de rencontre » avec ses équipes, en télétravail depuis la création de la société, « avec possibilité de logement sur place », souligne Gaël Bonnafous. Et de confier : « Je n’ai pas la recette miracle, mais travailler dans une villa, cela a un impact dans notre métier créatif. »

Cyril Peter / peter@lalettrem.net
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