Arnaud Montebourg prône le made in France à Eminence (Aimargues)

Arnaud Montebourg (en photo, en train de brandir un slip bleu-blanc-rouge fabriqué à Aimargues), ministre du Redressement productif, a rendu visite lundi après midi aux entreprises Eminence (fabrication de sous-vêtements masculins, Aimargues, 500 salariés) et Outremer Yachting (chantier naval dédié aux catamarans, La Grande-Motte, 60 salariés), vantant les mérites du made in France.
« Nous sommes ici dans la dernière entreprise de sous-vêtement masculin en France, a-t-il déclaré devant les salariés d’Eminence, aux côtés de Dominique Seau, PDG. Toutes les autres entreprises ont délocalisé. Il est normal que le gouvernement français vous tire son chapeau » Le ministre a salué une entreprise « créative, innovante, qui renouvelle ses collections, tout en continuant à faire vivre le made in France. Le tourisme c’est bien, mais nous ne sommes pas condamnés à être un vaste hôtel resort&spa pour clientèle mondialisée, chic, traversant les frontières, avec, pour nous, des emplois de services précaires. Nous avons une vocation productive. Cela suppose que la société s’organise autour de l’acte de produire : BPI, CICE, accords de compétitivité dans les entreprises avec les partenaires sociaux, mise en place du logiciel Colbert 2.0, pour informer les entrepreneurs de l’acier, de la mécanique, du textile, de l’automobile… »
« Les Français sont en train de changer »
D’après lui, « il se dessine dans le pays un mouvement de plus en plus sensible, du côté des consommateurs qui commencent à changer d’attitude dans leur manière d’acheter. Chacun n’a pas le même pouvoir d’achat mais chacun peut, par des gestes quotidiens, décider autrement d’utiliser son petit pouvoir. Les Français sont en train de changer. Ce mouvement est en cours et vous (s’adressant aux salariés d’Eminence) en êtes les pionniers. A 95 %, ils considèrent qu’acheter un produit made in France est un acte citoyen et à 77 %, ils considèrent le critère de fabrication française est suffisamment important pour justifier de payer plus cher un produit. Et pourtant, la plupart du temps, nos produits ne sont pas plus chers. Pourquoi ? parce que ce sont des années d’effort dans la mécanisation, dans la productivité, dans la réorganisation du travail, qui font que les produits sont compétitifs. Et les prix des salaires dans les pays low cost s’envolent : + 20 % en Chine. Les prix du carburant, du transport, de la logistique s’envolent également. Les clients souhaitent de plus en plus avoir de petites séries, fabriquées au plus près de leur désir, modifiables, dans lesquelles les consommateurs veulent pouvoir intervenir auprès du producteur. Ce changement de société, c’est le rapprochement des lieux de production et des lieux de consommation. Vous avez pris des décisions (relocalisation d’une partie de la production à Aimargues en 2011, NDLR) qui sont prémonitoires.
Arnaud Montebourg a retracé les grandes dates de l’entreprise, depuis l’atelier nîmois de bonneterie, créé en 1944, jusqu’à la « grande aventure du slip français. En 1968, lancement du slip 115, taille basse, indémaillable, devenu un des très grands classiques de la mode. Vous avez transformé un objet qui laissait plutôt indifférent en un objet de mode incontournable, devenu un objet publicitaire de premier plan ».
Photo : HV.










