Arkane Sécurité bénéficie des mesures de sécurité renforcée
Les Déferlantes d’Argelès, Électro Beach au Barcarès ou Visa pour l’Image à Perpignan : sur ces événements catalans prisés, qui ont été maintenus, Arkane Sécurité (Sainte-Marie, 66) constate cet été une augmentation « de 40 à 60 % » des besoins en mesures préventives exprimés par les organisateurs, par rapport aux années courantes, indique Richard Bodin, co-dirigeant et ancien militaire. Pas de quoi pavoiser, insiste-t-il : « Oui, notre chiffre d’affaires progresse depuis l’attentat de Nice, mais je préfèrerais obtenir cette hausse autrement. » Concrètement, le dispositif autour des festivals est renforcé à tous les niveaux : palpations, filtrations, inspection visuelle des sacs, tournées mobiles aux abords des sites - et non pas simples surveillances des sorties de secours…
Le dirigeant est associé à la tête de Titan International (Saint-Leu-la-Forêt), positionné sur l’événementiel - stades de Toulouse et Bordeaux pour l’Euro 2016, Fnac Live et Rock en Seine à Paris. Sur quatre mois, les trois sociétés auront recruté environ 2.000 personnes, en contrats courts. Les festivaliers ont d’après lui « très bien réagi » à ces mesures inhabituelles. « L’attente est plus longue dans les files, mais les gens comprennent, et ça les rassure ».
Mutation de la filière
Côté opérationnel, le contexte amène les entreprises de sécurité à travailler davantage en synergie avec les préfectures et les services de police. « Avant, on oeuvrait chacun de notre côté, explique Richard Bodin. Il y a davantage de synergie aujourd’hui. » Il arrive que la police alerte des entreprises de sécurité sur l’identité d’individus suspects. Si les agents privés les localisent, ils doivent avertir les forces de l’ordre. Jean-Pierre Tripet, président du syndicat national des entreprises de sécurité (Snes), appelle les pouvoirs publics à aller plus loin, pour adapter le cadre légal à la réalité du terrain et parvenir à une coproduction publique-privée de la sécurité. « Il y a certes une coopération, mais qui reste administrative. Il faut mettre en place quelque chose d’opérationnel, en nous intégrant par exemple dès les réunions préparatoires. La sécurité privée a montré son utilité le 13 novembre 2015, au Stade de France et au Bataclan. »
D’après le Snes, le secteur, qui compte 3.000 entreprises et emploie 160.000 salariés, devrait connaître une croissance record d’environ 5 % en 2016. Mais la filière reste ultra-concurrentielle, avec une rentabilité limitée (entre 2 et 3 %) pour ses acteurs, qui se livrent une guerre des prix impitoyable. « Cette croissance ne profitera pas à tout le monde. Les moins professionnels, qui forment mal leur personnel, vont disparaître, prédit Richard Bodin. Nous travaillerons en effet de plus en plus avec la police et la gendarmerie : cette évolution mettra au grand jour les failles de certains. » Autre enjeu pour les PME de la sécurité, « la montée en gamme technologique : robots de ronde, drones pour la surveillance de sites, gyropodes… », conclut Serge Guyot, délégué général du Snes.










