Hérault
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André Deljarry, nouveau président du Medef Montpellier, veut fédérer les énergies à travers l'UPE 34
Après des mois de déchirements entre Medef et MPR, le monde patronal héraultais a montré à la presse une image réunie et pacifiée, ce mardi à Montpellier.
En atteste la composition du bureau, savant dosage entre les deux courants naguère ennemis, présentée par André Deljarry, élu lundi à l'unanimité à la présidence du Medef Montpellier/Sète/Centre-Hérault, à 53 ans : aux postes de vice-présidents, Pierre Dumoulin (Sète), Jacques Kreddens et Jamal Saoudi (Centre Hérault), Nicolas Chambon (commerce), Philippe Gadelle (Service), Joseph Francis (Industrie), Marie-Thérèse Mercier (crise économique), Bertin Nahum (jeunes créateurs d'entreprises et innovation). Les membres du bureau sont Eric Chaveroche, André Bernat, Thierry Ducros, Frédéric Menon, Victor Salvador, Augustin Valero, Pierre-François Canet, Gérard Maurice, Mahfoud Benali, Laurent Teissier, Jean-François Bavoil, Jean-Pierre Fanzone, Thierry Dewintre, Fabien Labbe, Hervé Bellefroid et Thierry Sarasin. Enfin, Michel Fromont est chargé de mission auprès d'André Deljarry.
Objectif : passer de 700 à 1 000 adhérents
« Nous devons être forts ensemble, devenir incontournables. Je veux ratisser large, je ne me contente pas du Medef et du MPR. C'est ensemble que nous serons reconnus. Soyons efficaces, face à une fiscalité contraignante et un droit du travail compliqué. Mon objectif, c'est de rassembler à travers l'UPE, a résumé l'ancien patron d'Intermarché, reconverti depuis trois ans dans la promotion immobilière. Nous avons besoin de toutes les forces pour devenir le syndicat local le plus puissant, que ce soit en force et en proposition. Nous comptons actuellement 700 adhérents, il faut passer la barre du millier. Avec l'UPE, nous voulons faire venir des chefs d'entreprises qui pensent que le Medef est une maison issue des grandes entreprises du CAC 40. Je rappelle que 86 % des entreprises à Montpellier comptent entre 1 et 9 salariés. » Nicolas Chambon, président de Socri Gestion (Polygone Montpellier, Béziers Rive Gauche) a insisté sur l'utilité et l'urgence de cette réconciliation : « Nous sommes ici dans l'une des seules régions en France où les patrons sont aussi divisés. C'est absurde. Ailleurs, les deux principaux syndicats patronaux -Medef et CGPME – sont unifiés, parce que localement, ils rencontrent les mêmes problèmes. Les divisions n'ont pas de sens. Je souhaite la dépolitisation du monde patronal local. L'union du monde patronal est une urgence locale. Le tissu économique montpelliérain ne peut pas se permettre le luxe de la division. On a besoin d'être unis, c'est absolument indispensable. Le MPR vient directement de ces divisions du monde patronal, qui n'ont à mon sens plus lieu d'être. Il faut faire l'union la plus large possible, comme partout ailleurs en France. »
« Pas candidat à la présidence de la CCI de Montpellier »
André Deljarry a d'emblée coupé court à une rumeur selon laquelle il briguerait la place de Rudy Iovino, place Saint-Côme : « Je ne serai pas candidat à la présidence de la CCI de Montpellier et nous serons derrière Rudy Iovino. »
Il a énuméré les dossiers chauds sur lesquels le Medef et le MPR, réunis sous la « marque ombrelle » UPE 34, vont prochainement s'exprimer : « Taxe carbone, suppression de la taxe professionnelle, renouvellement de plus de la moitié des chefs d'entreprises dans les dix prochaines années, démographie galopante avec chaque année, 20 000 habitants supplémentaires dans la région projetés dans les vingt prochaines années, voies de communication de notre territoire, réflexion sur les métiers de demain, soutien des chefs d'entreprises face à la crise économique en collaboration avec les services de l'Etat (Oseo, Banque de France, direction des finances publiques), équilibre commercial dans l'agglomération de Montpellier, montée en gamme et spécialisation pour les séjours touristiques de courte durée... »
Fortifier le centre-ville
Sur le pôle commercial d'Odysseum, qui ouvre ses portes le 24 septembre : « Le centre-ville, c'est la locomotive du commerce. Un TGV peut avoir tous les wagons possibles, il n'avance pas s'il n'a pas de locomotive. Le centre-ville doit rester number one. Sans centre-ville fort, on est à la rue, même si vous créez des choses autour. Il faut fortifier le centre-ville, qu'il ait toutes les enseignes, pour qu'il soit reconnu. Arrêtons le tout au sud. Si on veut saturer le sud, on ne s'y prendrait pas autrement. Il y a des choses à faire ailleurs. Il y a le Grand Paris. Il faudrait faire le Grand Montpellier, soyons visionnaires, prenons de la hauteur. » ?Sur les contournements routiers autour de Montpellier : « Le doublement de l'A9 devrait être fait depuis longtemps, il est vraiment nécessaire ; et autour de Montpellier, le Lien devrait être à 2x2 voies ; nous attendons aussi la gare TGV. A un moment donné, on va se demander si on ne finira pas en retard. Il faut vite avoir les voies de communication réservées à la 8e ville de France. Heureusement, Montpellier est en avance sur le tramway. »










