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| 21/12/2015

Altrad célèbre ses 30 ans et vise 2 Md€ de CA en 2016

Acquisition du Néerlandais Hertel en mars, pour 270 M€, lui permettant de doubler de taille, lauréat de l’Entrepreneur mondial EY 2015 en juin à Monaco, et désormais plus grosse fortune professionnelle du Languedoc-Roussillon : ce mercredi 23 décembre au Palais des congrès de La Grande-Motte, Mohed Altrad, devant 300 de ses collaborateurs, clôture une année faste. Il fête aussi les 30 ans d’existence de son groupe éponyme, spécialisé dans les échafaudages, les bétonnières et les services aux industries. Le président-fondateur, également actionnaire et président du club de rugby de Montpellier, affiche pour l’exercice 2015 (clos fin août) un chiffre d’affaires de 1,573 milliards d’euros (1,86 milliards d’euros en incluant Hertel sur la totalité de l'exercice), soit le double de l’exercice précédent. Fait marquant, la partie des services devient pour la première fois prédominante, et pèse désormais 65 % de l'activité, suivis de la vente et location d'échafaudages (22 %) et du matériel pour le bâtiment et les collectivités (13 %). 32 % du CA est réalisé au Royaume-Uni, 57 % dans la zone Euro et 11 % dans les pays émergents. L'Ebitda s'élève à 213 M€ (au lieu de 133 M€ en 2014) et le résultat net à 83 M€ (49 M€ en 2014). L'une des priorités d'Altrad : « maîtriser les ratios d'endettement, pour garantir une indépendance financière à laquelle je tiens beaucoup. » Le dirigeant franco-syrien, originaire de Raqqa en Syrie, actuel fief de l’Etat islamique, n’oubliera « jamais » les premières négociations avec les banques françaises, « où l’on m’a plusieurs fois refusé un prêt de 50 000 francs ». Malgré le rachat de Hertel, le ratio endettement net/capitaux propres est ainsi de 0,70 en 2015 (0,69 en 2014) et le ratio endettement net/Ebitda de 1,21 en 2015 (1,37 en 2014).

Autre nouveauté, plus littéraire celle-là, la diffusion d’un livre de 110 pages, « 1985-2015, éclosion d'un groupe mondial », où l’entrepreneur-romancier insiste sur la « psychologie du bâtisseur » : « En acquérant ma première entreprise, à Florensac (Méfran, NDLR), je ne nourrissais pas l’idée de fonder sur elle un groupe à dimension internationale. Je souhaitais avant tout la redresser. » Au fil des acquisitions, « une évidence s’est imposée : il ne s’agissait pas de multiplier les acquisitions mais de veiller à leur cohérence. » Le groupe s’est internationalisé depuis 2004, année marquée par l’acquisition de l’Allemand Plettac, qui le propulse au rang de leader européen de l’échafaudage.
En 2016, le groupe, qui recrute plusieurs directeurs généraux pour piloter différentes filiales, table sur un CA « proche des 2 milliards d’euros ». Concernant les futures sociétés ciblées, Mohed Altrad est en passe de conclure des acquisitions « en Europe, dans les services, mais pas de la taille de Hertel ». Basé à Montpellier, Altrad Group emploie 16 722 salariés et a conclu, depuis 1985, une centaine d’opérations de croissance externe.

* Montpellier, 16 722 salariés

Trois questions à Mohed Altrad

Comment Altrad Group a-t-il intégré Hertel ?
Hertel avait une holding à Rotterdam. Elle existe encore juridiquement mais est une coquille vide. Les procédures et savoir-faire de Hertel ont été transférées au quartier général du groupe, à Montpellier. La question relative au maintien du nom de Hertel se pose. Ce groupe existe depuis 130 ans, et son périmètre était équivalent à celui d’Altrad avant l’opération, conclue début 2015. Nous réfléchissons à la création d’un logo commun à nos deux entités.

Quelle est votre vision du secteur en 2016 ?
Les perspectives sont favorables. Dans l’activité de service, nous intervenons sur des installations portuaires, des sites de raffinage de pétrole et de gaz… De lourds investissements de rénovation et d’entretien sont injectés. Et nous gagnons des parts de marché. Altrad Group table sur une légère hausse de l’activité en 2016. Sur le 1er quadrimestre (septembre-décembre 2015), la progression est de 6 % par rapport à la même période, l’an dernier. 80 % du carnet de commandes est déjà garanti.

Et sur l’emploi ?
Il y a des synergies entre le management. Quelques dirigeants, qui ne se trouvaient pas bien dans le nouvel ensemble, sont partis. Notre groupe compte 75 % d’ouvriers. Sur les 17 000 salariés, 11 000 environ se trouvent en Europe et 6 000 hors-Europe (Australie, Chine, Singapour, Thaïlande…). 15 % des effectifs globaux sont des CDD et des intérimaires.

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