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Industrie
| 6/01/2011

Alès : Richard Ducros vers un redressement judiciaire

L’entreprise Richard Ducros, à Alès, qui emploie 238 salariés sur ses sites gardois, s’oriente vers un redressement judiciaire, un peu plus d'un mois après sa reprise par le groupe Fayat. Dans un communiqué, le nouveau PDG de l’entreprise, Bernard Castéran, s’interroge sur la « viabilité de l’entreprise », et annonce son intention de convoquer un CA de la société mercredi 12 janvier. Celui-ci devra « statuer sur une déclaration de cessation de paiement, en vue de placer l’entreprise sous le régime du redressement judiciaire et de la faire bénéficier des protections légales ». Interrogé ce matin par La Lettre M sur l’éventualité d’un plan social, Bernard Castéran estime que celui-ci lui paraît « inévitable ».« La décision appartiendra à l’administrateur judiciaire nommé par le tribunal de commerce. Mais on ne chute pas sans conséquence de 50 M€ à 20 M€ de chiffre d’affaires ». Selon lui, il reviendra à l’administrateur « d’explorer toutes les pistes, y compris celle d’une cession partielle ».

Audit
Selon Bernard Castéran, un audit, réalisé par un cabinet comptable externe après la cession, le 24 novembre, aurait révélé « une situation économique et financière extrémement détériorée, avec un chiffre d’affaires 2010 d’environ 30 M€ contre 50 M€ les années précédentes, un CA potentiel pour 2011 de 20 M€, et un découvert en trésorerie très dégradé qui ne permet plus de faire face aux charges courantes ». Motif, toujours selon la direction : « une prise de commande quasi-nulle au second semestre 2010 sur le marché « ouvrages d’art » et pylônes électriques, une très forte dégradation de l’activité tôlerie fine, en raison notamment du désengagement d’IBM, qui a fait aujourd’hui le choix de la délocalisation à Singapour, et des charges fiscales et sociales non provisionnées ».
Chômage partiel
Des mesures de chômage partiel touchent aujourd’hui 15 salariés du site de production de la montée de Silhol, qui seront 60 concernés d’ici à la fin du mois. Le site de Roquefort (40) est touché par des mesures similaires depuis le 7 décembre. Le délégué syndical CGT, Richard Valmalle, trouve « suspect qu’on nous annonce une situation catastrophique, avec un carnet de commandes quasiment vide, trois semaines à peine après l’acquisition de la société. Alors que l’entreprise réussit depuis 142 ans du savoir-faire et de la qualité de ses salariés ». Le syndicat va élaborer des propositions « pour pérenniser l’emploi », avec le cabinet spécialisé Secafi.
Spécialisés dans les ouvrages d’art et la tôlerie fine, les établissements Richard Ducros, créés en 1868, emploient 400 personnes sur trois sites en France, à Alès, Roquefort (40) et Charmes (88) et un quatrième site en Hongrie. Fayat, qui compte 16 sites en France, contrôle en Languedoc-Roussillon, outre Richard-Ducros, l’entreprise de BTP Bec Frères (Montpellier, CA 2009 : 175 M€, 952 salariés) et le fabricant de réservoirs et citernes Le Réservoir Massal (Agde, CA 2009 : 7,8 M€, 49 salariés). Fayat emploie 16 000 personnes pour un CA de 2,3 Md€ en 2009.
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