Airbus supprime 1.164 postes
D’un côté, un carnet de commandes et des investissements records. De l’autre, un plan de restructuration. On connaît depuis le 29/11 le volet social du plan Gémini d’Airbus Group : « 1.164 postes supprimés en Europe, dont 640 en France », précise à La Lettre M Jean-Marc Escourrou, secrétaire général FO Airbus SAS (syndicat majoritaire), à l’issue du comité européen organisé (le 29/11) à Blagnac (31). En tenant compte des 230 créations de postes prévues dans le secteur de la transformation digitale, le solde net est de 934 postes supprimés. Ce plan de restructuration prépare la fusion, mi-2017, d’Airbus Group (136.600 salariés, CA : 64,5 Md€, siège à Blagnac) et de sa branche aviation en une nouvelle entité, baptisée Airbus. Une intégration qui « améliorera la compétitivité du groupe », selon Tom Enders, futur président exécutif de la nouvelle entité. Sur le site de Blagnac, « 242 postes vont disparaître et le site de Suresnes (92) va être fermé mi-2018, entraînant 308 suppressions de postes et 152 transferts vers Toulouse », précise Jean-Marc Escourrou. La direction va « favoriser la mobilité, car il n’y a jamais eu de licenciement sec dans l’histoire d’Airbus ».
Le contexte est pourtant favorable. Même s’il est confronté à des retards sur son programme A400M et à une baisse des commandes de l’A380, l'avionneur enregistre un carnet de commandes de plus de 6.700 avions et les prises de commandes lui ont rapporté 73,2 Md€ depuis le début de l’année. Et, tout comme chez l'équipementier toulousain Latécoère (qui injecte 100 M€ entre 2017 et 2021 tout en supprimant 150 postes), restructuration ne signifie pas gel des investissements. Après avoir inauguré en septembre une nouvelle unité de production de 6.000 m2 à Cornebarrieu, Airbus va injecter 20 M€ pour y étendre sa plateforme logistique. Interrogés sur le plan Gémini en marge de la convention d’affaires Aeromart, le 30/11 à Toulouse, les élus locaux se veulent rassurants. Pour Bernard Keller, maire PRG de Blagnac, « il n’y a pas lieu, ici, de dramatiser. Depuis deux ans, le mouvement consiste à recentrer en région toulousaine la plupart des activités qui étaient auparavant à Munich et Paris ». Même état d’esprit chez Carole Delga, présidente PS de la Région : « Depuis 5 ans, plus de 10.000 emplois nets ont été créés par Airbus en France, dont 70 % au bénéfice de notre région. Airbus est un groupe mondial qui doit s’adapter à son contexte. » Alain Di Crescenzo, président de la CCI de Toulouse, acquiesce : « Les entreprises doivent se recomposer. Quand on emploie 136.000 personnes, c’est un processus normal. ». Une "opération déminage" qui laisse certains sceptiques : « Appeler à dédramatiser les annonces d’Airbus parce que Toulouse sera épargnée va à l’encontre des discours récurrents sur l’importance de s’ouvrir au monde et de raisonner global », raille comme ce chef d’entreprise toulousain.










