Agrexco au bord de la faillite : nuages sur le port de Sète

L’exportateur européen de fruits et légumes Agrexco, pour l’instant unique client (200 000 T/an annoncées) du nouveau terminal fruitier (25 000 m2) du port de Sète, a douze jours pour présenter un plan de sauvetage de l’entreprise, apprend-on jeudi auprès de Marc Chevallier, président de l’EPR Port Sud de France. « Nous croisons les doigts pour qu’Agrexco trouve de nouveaux actionnaires, confie-t-il à La Lettre M. À ce jour, le terminal fruitier est livré, mais n’a pas reçu l’ombre d’une caisse. Reefer Terminal Sète (RTS, exploitant du terminal fruitier, NDLR) mène des prospections commerciales pour trouver d’autres clients. J’espère que tout sera réglé d’ici à fin août, afin que RTS puisse lancer le trafic. Le groupe Orsero, la Région L.-R., et l’EPR Port Sud de France ont des intérêts liés : terminal fruitier, acquisition d’un nouveau portique… beaucoup d’argent a été investi dans cette affaire. »
Pas de plan B
D’après une source bien informée, RTS n’a pas de « plan B » pour lancer son terminal fruitier (photo). Pour Pierre de Boutray, directeur de Sea Invest Sète, une faillite d’Agrexco serait « une catastrophe pour le port de Sète ». Bernard Houillier, PDG de RTS, n’a pu être joint par La Lettre M.
Perclus de dettes (dette globale : 83 M€), Agrexco négocie depuis fin juin une recapitalisation à hauteur de 32 M€ auprès des porteurs d’obligations, d’après le site économique israélien Globe. D’après Le Journal de La Marine Marchande du 1er juillet, Agrexco est également redevable d’une dette de 60 M€ auprès de l’armateur Ofer brothers, propriétaire de ZIM. « L’armateur a fait construire deux navires destinés aux trafics d’Agrexco, financé par une banque allemande. Ofer brothers a ensuite racheté les deux navires pour les exploiter en lieu et place d’Agrexco. Les paiements de ces loyers doivent rembourser la banque allemande. Des négociations sont en cours avec la banque d’outre-Rhin et Agrexco pour trouver une solution au paiement des loyers dûs. »
Le gouvernement israélien détient 30,3 % de la compagnie et contrôle son conseil d’administration. Les marques principales d’Agrexco, qui affiche un CA de 489 M€ en 2010, sont Carmel et Alesia. La société a des liens commerciaux avec 2 200 producteurs en Israël, et exporte 400 000 T de produits par an. Elle avait décidé, en 2009, de quitter le port de Marseille pour celui de Sète.









