Languedoc-Roussillon
Institutions
Agglos : la valse des présidents
À quatre exceptions près, la majorité des onze communautés d'agglomération du Languedoc-Roussillon devrait changer de présidents, que les maires aient ou non été réélus. Etat des lieux.
À Montpellier, le nouveau maire DVG, Philippe Saurel, a annoncé avant l'élection qu'il proposerait la candidature de Max Lévita, 76 ans, président de la SERM et adjoint aux finances d’Hélène Mandroux. Reste à savoir s'il confirmera ce choix, et si la candidature de cet ancien professeur d’économie, ex-pilier de la Frêchie, fera l’unanimité auprès des représentants des 31 communes de l’Agglo. La communauté d’agglomération, que Philippe Saurel veut faire évoluer en métropole, mais « dans le concertation », pourrait être la base d’un « pôle métropolitain » avec les intercommunalités de l’Etang de l’Or et du Pic Saint-Loup. L’agglo, qui exerce la compétence des transports, l’un des rares sujets sur lesquels le candidat a fait des promesses onéreuses, avec le « Tram à 1 € », pèse près de deux fois plus que la Ville en termes de budget, avec 780,60 M€ de budget primitif, contre 458 M€ pour la Ville.
À Béziers, le nouveau maire Robert Ménard (soutenu par le FN) n'a pas la majorité absolue à l'agglo. Trois hypothèses circulent : soit il cherche les 11 voix qui lui manquent pour être élu président ; soit il opte pour Frédéric Lacas, maire de Sérignan, réélu dès le premier tour (75 % des voix) ; soit il laisse le champ libre au socialiste Jean-Michel du Plaa. Une piste crédible : les deux hommes cultivent des liens d’amitié depuis trente ans. Jean-Michel du Plaa est par ailleurs réputé pour sa connaissance des dossiers, ses qualités de médiateur et ses entrées à la Région et au conseil général. L'installation du conseil communautaire est prévue le 17 avril à partir de 18h.
À Sète, le maire UMP François Commeinhes pourrait profiter de la nouvelle distribution des sièges dans la communauté d’agglomération pour détrôner son rival Pierre Bouldoire, maire PS réélu à Frontignan. S’il y parvient, son élection pourrait donner un coup d’accélérateur au processus de fusion avec la communauté de communes du nord du bassin de Thau (CCNBT). Au delà, c'est le rapprochement de ce futur ensemble avec l’agglo de Montpellier qui aurait de grandes chances d’aboutir rapidement. Les proches de Philippe Saurel, le nouvel homme fort de la capitale régionale, et ceux du maire de Sète, auraient d’ores et déjà noué des premiers contacts en vue de concrétiser cette opération dans les meilleurs délais.
À Nîmes, l’union UMP-UDI, qui a permis à la droite de triompher, repose sur un accord : Jean-Paul Fournier reste maire, mais abandonne l’Agglo à son rival Yvan Lachaud. Dès hier soir, le maire sortant, et réélu, annonçait qu’il disposait d’une majorité suffisante à l’Agglo pour faire élire Yvan Lachaud à sa présidence le 11 avril.
À Carcassonne, le nouveau maire Gérard Larrat (divers droite) a monté une liste d'union avec sa rivale UMP Isabelle Chésa pour enlever la ville au socialiste Jean-Claude Perez : elle aura la fonction de première adjointe, mais Gérard Larrat entend présider l'agglo.
À Narbonne, le nouveau maire Didier Mouly veut évincer le maire sortant PS de Narbonne, Jacques Bascou, de la présidence de la communauté d’agglomération. Ce dernier, qui s'est attiré des soutiens en construisant une stratégie territoriale, va tenter d'en conserver les rênes, sachant qu'il pouvait compter, avant les municipales, sur le soutien de 24 maires sur 39, représentant 30 sièges de délégués. Mais 41 sièges sont nécessaires pour conquérir la majorité...
À Perpignan, Jean-Paul Alduy avait clairement désigné l’avocat Romain Grau, vice-président en charge du développement économique, pour lui succéder à la présidence de l’Agglo. Hier soir, après sa victoire, le maire de Perpignan Jean-Marc Pujol a indiqué qu’il allait « réunir rapidement l’ensemble des maires des 36 communes de l’agglomération pour parvenir à un consensus sur le nom du président. J’apprécie Romain Grau, mais je travaille depuis longtemps avec d’autres comme Chantal Gombert ou Dominique Schemla ». Chantal Gombert, ex-présidente du Modem, est aujourd’hui vice-présidente de l’UDI et présidente du CSE. Dominique Schemla a été déjà élu à la Ville et vice-président de l’Agglomération de Perpignan en charge du développement durable.
Les communauté d'agglomération d'Alès, du Gard rhodanien (Bagnols-sur-Cèze), du Pays de l'Or (Mauguio) et Hérault Méditerranée (Agde) devraient garder les mêmes présidents, après la réélection des maires des villes-centres : Max Roustan (UMP), Jean-Christian Rey (PS), Yvon Bourrel (DVG), et Gilles d'Ettore (UMP).
Article mis à jour le 1er avril.










