AG de Vins de Pays d'Oc sous haute tension

Présence d'un huissier de justice, débats enregistrés, près de 1 000 viticulteurs envahissant l'auditorium et la salle annexe du palais des congrès de La Grande-Motte : l'assemblée générale du syndicat des producteurs de vins de Pays d'Oc s'est déroulée sous haute tension, vendredi après-midi. Motif : Boris Calmette, président de Coop de France, exige une place accrue de la coopération au conseil d'administration du syndicat, dont il demande la remise à plat de la gouvernance, lors d'une prise de parole liminaire.
« Il y a deux ans, un comité permanent de concertation a été créée, associant les métiers pour débattre au sein du conseil d'administration. Ce comité n'a pas été réuni depuis un an et demi. Au printemps dernier, nous avons été obligés, avec les Vignerons Indépendants, de montrer notre mécontentement au sein du comité de bassin pour que le préfet nous intègre à l'élaboration du plan stratégique régional. Lors de la dernière assemblée générale, j'avais abordé des questions sur le développement durable, la responsabilité sociale et environnementale, l'enrichissement... encore une fois, c'est resté lettre morte. »
Gravegeal demande l'unité
De son côté, Jacques Gravegeal, indéboulonnable président (depuis la création du syndicat, il y a 25 ans), s'appuie sur la vérité des chiffres (cf. ci-contre). « Coop de France ne représente pas toutes les coopératives, a-t-il déclaré. Or, toutes les coopératives doivent être entendues. Il en va de même pour les Vignerons Indépendants et les metteurs en marché. » Pour lui, « la représentativité n'est pas le seul élément de compétitivité et efficacité. Les Vins de Pays d'Oc sont devenus un fleuron national. Ne rentrons pas dans des combats stériles qui n'ont pas de liens avec l'économie. Tout va très vite. La lutte du pouvoir, dans les temps qui viennent, ce n'est pas le moment. » Il a pris l'exemple de l'évolution du marché chinois. Avec 146 000 hl exportés en 2013, le syndicat affiche une baisse de 33 % en volume. « La Chine arrive à ce jour à 400 000 ha de vignes. Nous sommes ralentis (procédure antidumping lancée contre les producteurs de vins européens, NDLR) pour laisser la place aux vins de cépage chinois. Et la Chine va devenir le premier vignoble mondial par la surface. »










