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Gard
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Commerce - Artisanat
| 7/05/2010

Affrontement Capeb/FFB à la Chambre de métiers

Dans l'affrontement qui oppose les partisans de Pascal Binelli, président de la Chambre des métiers du Gard, à Henry Brin, premier vice-président, la Capeb monte au créneau. Au point d'organiser une conférence de presse vendredi 7 mai sur le rejet du budget rectificatif présenté le 30 avril dernier en assemblée générale de la chambre des métiers : « Le 1er avril, le budget rectificatif était présenté au bureau où nous sommes majoritaires, explique Antoine Marquès, président de la Capeb, de l'UPA et membre du bureau de la Chambre. Mais deux étant absents, il y a eu un vote de rejet. Le 30 avril, Henry Brin et Serge Alméras (*) ont donc refusé de voter le budget ». Pourtant, Antoine Marquès estime que les responsables ont tout fait pour arrondir les angles: « Suite au licenciement de Pierre-Luc Petit-Delclève (cf. dépêche Lettre M du 15 janvier 2010), les opposants avaient finalement voté le budget mais ont demandé que l'assemblée générale du budget rectificatif ait lieu en avril plutôt qu'en juin, ce qui est l'habitude. Au final, c'est ce qu'on a fait et le bureau a refusé le budget alors qu'à la commission des finances, où les opposants sont majoritaires, il a été voté. Heureusement qu'il n'y a pas beaucoup d'enjeux financièrement parlant. Mais toutes les actions inscrites après le budget primitif sont stoppées. Je prends à témoin les artisans que depuis le début de la mandature, les opposants n'en font qu'à leur tête ».

Cinq ans de guerre intestine
Entouré de quatre autres membres du bureau de la chambre, Antoine Marquès égrène les obstacles auxquels l'exécutif a dû faire face depuis cette élection de membres à parts égales : « Dès le début, Serge Alméras a commencé son travail de destruction pour repartir aux élections ». Un comportement dû, selon la Capeb, à une ambition déçue. « Du coup, on a eu du mal à mettre en place les commissions. La liste UPA a explosé. Ensuite on a eu des manœuvres de l'opposition pour prendre la présidence sans élections ». Une opposition menée déjà par Henry Brin, tête de liste ANA (Artisans notre avenir, fruit d'une alliance entre le Medef et la CGPME, ndlr). « Le protocole d'accord de gouvernance, qui avait pour objectif de défendre l'artisanat, n'a ensuite pas tenu longtemps, poursuit Antoine Marquès. En 2007, face à leur refus de voter le budget, nous avons été mis sous tutelle préfectorale ». Deux élus de l'ANA, dont Jocelyne Quilici, présente à la conférence de presse, quittent alors l'ANA, ce qui débloque la situation : « Je faisais parti de la commission des Finances en 2007, détaille l'ancienne colistière d'Henry Brin. J'ai voté le budget en commission et en AG. Ensuite j'ai subi des pressions, je ne recevais plus les dossiers. J'ai donc démissionné de la liste pour voter comme je le voulais, selon ce que je voulais ». « Pendant cinq ans, on a mis en péril la vie de nos entreprises, témoigne Eric Affortit, trésorier de la Chambre. La mienne n'avait alors que trois ans. Moi, je suis pour le contre-pouvoir à 100 %. Mais il faut constructif, pas dévastateur ». « Il y a un an et demi, j'ai proposé à Serge Alméras de tirer un trait sur le passé et de repartir, se désole Antoine Marquès. Il m'a dit non ».
Henry Brin réclame un « cordon sanitaire »
Pour Henry Brin, interrogé par la Lettre M, les raisons de l'opposition sont évidemment ailleurs : « On savait déjà que le budget primitif n'était pas sincère. Concernant le budget rectificatif, comme le bureau avait voté contre, on a demandé au président de revoir sa copie. Mais on fait face à un président qui ne tient pas compte de la représentation, et ce depuis la première année. La Capeb, elle, travaille pour la Capeb avant de travailler pour les artisans. C'est elle qui a fait exploser l'UPA. Il faut maintenant un cordon sanitaire contre la Capeb car il y a trop de mélange des genres et qu'en étant minoritaire, elle a réussi à tirer la couverture à soi. Un quarteron de 8 ou 9 élus a la mainmise sur la chambre ». Commentant le départ de deux colistiers vers les dirigeants de la Chambre, Henry Brin fait les comptes : « Aujourd'hui j'ai 16 membres, le président n'en compte que 8 ».
Deux listes aux prochaines élections
Jusqu'aux élections d'octobre prochain, la chambre des Métiers risque donc d'être ingouvernable. Ce qui ne devrait plus être le cas ensuite : « On comptera 35 élus au lieu de 36, pour ne pas qu'il y ait d'égalité, détaille Antoine Marquès. De plus la liste en tête aura forcément la majorité ». L'UPA ne se présentera pas en tant qu'organisation, « car il faut une unanimité sur la question entre la Capeb, la CGAD (alimentation, ndlr) et la Cnams (services, ndlr) » précise Antoine Marquès. Mais il y aura bien une liste liée au président sortant. On pressentait ensuite une liste menée par Henry Brin et une autre par Serge Alméras. « Mais lors des dernières réunions de la CGPME, Serge Alméras était aux côtés d'Henry Douais », président de la CGPME gardoise, selon Antoine Marquès. Henry Brin, issu du syndicat patronal, confirme : « aujourd'hui, je défends l'artisanat avec Serge Alméras. Il n'est pas impossible que nous soyons sur la même liste ». Réponse en septembre, lors du dépôt des candidatures.
François Desmeures
(*) Lors des élections de 2005, Serge Alméras était tête de liste pour l'UPA, liste sur laquelle Pascal Binelli figurait. Ce dernier a finalement été élu au bénéfice de son jeune âge, aucune majorité n'ayant pu se dessiner, chacune des deux listes en course avait obtenu 18 élus. Depuis, la Capeb et les soutiens de Pascal Binelli accusent Serge Alméras d'opposition systématique.
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