ACM Habitat : hausse de la production, mais moins d’opérations en Vefa
Philippe Saurel, président d’ACM Habitat, profite de la cérémonie des vœux 2019 aux personnels, le 8 janvier au Corum (Montpellier), pour donner les orientations 2019. Parmi les priorités annoncées : un taux de 42 % de logements sociaux visé dans la métropole de Montpellier. « On passera d’un taux de 30 à 36 % de logements sociaux, auxquels s’ajoutent 6 % de PSLA (prêt social location-accession, NDLR) supplémentaires, explique Philippe Saurel, confortant ainsi la politique volontariste du bailleur social de la métropole face à la réforme engagée par l’État. La priorité sera la construction en direct avec le moins possible d’opérations en Vefa (vente en l’état futur d’achèvement NDLR). ACM habitat est l’opérateur central et historique de Montpellier, nous irons chercher les gisements fonciers dont nous avons besoin ! Montpellier Méditerranée Métropole mettra toute son énergie, et je remercie les maires qui apporteront leur écot à cette démarche. » « 792 réhabilitations et 211 logements ont été livrés en 2018. 903 logements sont actuellement en chantier. Ils seront livrés en 2019 et en 2020, précise Stéphane Boubennec à La Lettre M. Le budget 2019 d’ACM Habitat est de 180 M€, dont plus de 80 M€ dédiés à l’investissement. » « En 2019, ACM Habitat va emprunter 50 M€ auprès des établissements financiers grâce aux garanties de prêts accordées par la Métropole », précise Robert Cotte, vice président d'ACM Habitat. Concernant la rénovation urbaine, ACM Habitat va se doter d’une équipe dédiée au dossier Anru 2, notamment pour le quartier Mosson. Enfin, Philippe Saurel aspire à ce que la production de logement et les réhabilitations soient alloties à « un maximum d’entreprises locales ». L'élu DVG a enfin constaté que « de nombreux offices viennent à Montpellier. » « L'environnement est de plus en plus concurrentiel de la part d’autres organismes », a ajouté Stéphane Boubennec.
Robert Cotte : « Les conditions de contraintes budgétaires ne sont pas toujours évidentes. L’Etat a demandé un effort très exigeant à l’ensemble de bailleurs sociaux : 1,5 Md€ chaque année, se partageant entre la RLS (réduction du loyer de solidarité, pour compenser la baisse des APL) et augmentation de la TVA de 5 à 10 %. Malgré ces conditions difficiles, qui pèsent 8 % des recettes des bailleurs sociaux (ce qu’ils doivent mettre en fonds propres dans les projets), le conseil d'administration s'est interrogé. Doit-on différer le gros entretien ? Non, car à terme, c’est plus cher. Moins construire ? Non plus, a martelé Philippe Saurel. La population de la métropole grandit et il y a une forte demande de logements sociaux, avec 70 % de foyers éligibles. Il ne faut pas moins, mais plus construire. Des efforts d'économie ont été réalisés en 2018. »
Le détail de la feuille de route assignée à Stéphane Boubennec par Philippe Saurel :
« - Avec les agences, avoir encore davantage de proximité citoyenne. Nous avons 12 quartiers classés en politique de la ville, il est de notre devoir d’être au plus près des citoyens les plus fragilisés. ACM le fait, mais il faut travailler davantage dans cette proximité : que les travaux d’entretien courant soient réalisés plus vite, que les contrôles des entreprises et des projets architecturaux se fassent avec une plus grande précision.
- Mise en place progressive du scoring (critère de cotation des demandes de logements sociaux), « pour une meilleure traçabilité pour les demandeurs sur l'évolution de leur demande, comme l'ont fait d'autres villes ».
- Souhait de mettre en place une équipe adaptée pour les dossiers Anru, en particulier celui de la Mosson. A l’intérieur de l’office, il faut une équipe dédiée à ce projet, qui le suive en lien avec Montpellier Méditerranée Métropole et les services de l’Etat.
- Insister sur l’allotissement dans les marchés publics, afin que soient interpellées au maximum les entreprises locales. C'est une demande du milieu économique, des entrepreneurs de Montpellier.On peut faire confiance à un grand groupe de construction. Souvent, il rétrocède des marchés. Mais on peut être capable d’allotir, en ayant un œil vigilant sur le suivi et le travail rendu. Il n’y a aucune raison que les travaux soient bâclés à un endroit et ne le soient pas à un autre. Il n’y a pas des quartiers résidentiels et des quartiers politique de la ville, il n’y a que Montpellier. »










