8es assises du tourisme : la montée en gamme, éternel combat
La montée en gamme reste un enjeu majeur pour le tourisme en Languedoc-Roussillon. Cette question a été au cœur des débats des 8e assises du tourisme, qui se sont tenues toute la journée, ce 4 février, au Corum de Montpellier. Rénovation des hébergements, promotion de la destination et accroissement du nombre des escales de croisière, autant de thèmes introduits par Corinne Giacometti, vice-présidente en charge du tourisme au conseil régional, organisateur de l’événement : « Nous devons poursuivre le changement de l’image de la destination Sud de France, au travers notamment de Sud de France : 1 084 entreprises touristiques sont désormais labellisées dans la Région ». Elle a aussi insisté sur la nécessité d’accompagner le tourisme d’affaire - 300 M€ de CA pour 3 M de nuitées - et de développer la croisière : 11 escales en 2010 pour 34 escales programmées en 2015.
Financement toujours rare
Ces promesses se heurtent toutefois à la problématique du financement. Cap vacances, société du Massif central, à la tête de villages vacances, dont deux dans la région, a surmonté l’écueil en investissant 15 M€ dans la rénovation de ces deux ensembles immobiliers des années 60, rachetés auprès de la Caf. D’autres ont pointé du doigt la difficulté, en tant de porteurs de projet, de se voir accompagné dans le montage financier. C’est le cas de Michel Ansellem, à la tête du Clarion Suite à Narbonne. « Nous avons investi 7 M€, dont 50 % d’apport personnel. Trouver l’autre moitié de la somme a été un parcours du combattant, même si nous avons fini par aboutir, avec notamment un prêt à taux zéro de la région ». Un élu lozérien se désole de l’état de vieillissement de l’hôtellerie du département, en prenant en exemple son propre cas. « L’hôtellerie familiale est en danger, quels financements pouvons-nous y injecter ? » Le sous-préfet de Florac, Franck Vinesse, soulève la même question. Un troisième fait rire l’assemblée, nombreuse, en expliquant qu’il a « besoin de beaucoup d’argent pour porter l’installation d’hôtels flottants de 85 m2, afin de répondre aux besoins d’hébergement en bord de mer ». « Il faut que le tourisme, fer de lance de la Région, débouche sur des emplois de demain, le plus rapidement possible », a répondu Damien Alary, président de Région, venu clore les débats de la matinée. Le tourisme pèse 8 Md€ de recettes, soit 13 % du PIB régional. La Région consacre 20,585 M€ au secteur en 2015, dont 6,4 M€ à Sud de France.
Alary : une capacité hôtelière « anormale » au Pont du Gard
Damien Alary a par ailleurs insisté sur la nécessité de voir aboutir plusieurs projets, lancés depuis plusieurs années : un centre dédié au traitement des maladies de peau sur les salins d’Aigues-Mortes ou la création d’hôtels à proximité du Pont du Gard. « Ce monument a reçu près d’1,5 M de visiteurs en 2014, et ils ne font que passer : la capacité d’hébergement ne dépasse pas 50 chambres, c’est anormal ! » D’après lui, les PLU des communes alentours sont en cours de révision afin de dégager du foncier, « en préservant la beauté du site et son intégrité ». En visite demain à Toulouse, pour rencontrer Martin Malvy, président de Midi-Pyrénées, Damien Alary a assuré qu’il mettrait en avant la politique régionale mise en œuvre en matière de tourisme. « Nous devons être d’accord, travailler ensemble en se respectant, sinon ça foire. Nous avons Sud de France, cette marque que tout le monde nous envie. Je proposerai que l’on s’appuie sur notre expertise et compétence pour concevoir la politique touristique de demain. »










