40.000 ha de vignoble impactés par le gel
Des étendues brunes qui devraient être vert tendre. Le paysage de l'ouest héraultais et de certaines parties de l'Aude parle de lui-même : quelque 40.000 hectares de vignobles ont été touchés par au moins deux épisodes de gel entre le 19 et le 22/4, d'après les déclarations des deux chambres d'agriculture. Et les pieds de vigne, déjà en fleur, présentent désormais un visage partiellement brûlé. « On parle de 20 % de perte en moyenne dans l'Aude et l'Hérault, détaille Jérôme Villaret, délégué général du CIVL. Mais il est très difficile d'anticiper la perte réelle, pour cela il faudra attendre que les fruits sortent. » Soit le mois de juin. Pour l'Hérault, cela pourrait représenter 1 million d'hectolitre de moins. Un épisode d'une telle ampleur n'avait pas été observé dans ces deux départements depuis 1998. L'ouest héraultais a été particulièrement impacté, et notamment l'appellation Picpoul de Pinet. Des arboriculteurs sont également impactés, dans l'Aude autour de l'étang de Marseillette, mais de manière modérée, précise la chambre d'agriculture, ainsi que dans les Pyrénées-Orientales.
Dans les vignobles de l'ex-MP, le gel de la nuit du 19 au 20/4 a affecté entre 20 à 30 % des parcelles à Cahors et Gaillac, et entre 40 à 60 % dans le Frontonnais. « On se remettait tout juste de la mauvaise année 2013 », regrette Benjamin Piccoli, directeur du syndicat des vignerons du Frontonnais (2.400 ha, 140 vignerons, 60 000 hl/an). « 2015 et 2016 nous permettent de compenser à condition qu'il n'y ait pas de grêle en août. » Jugeant la situation « catastrophique », Maurin Béranger, président du syndicat de défense du vin de Cahors (3.700 ha, 200 exploitants 160.000 hl/an) estime « qu'il faut augmenter la valeur ajouté de nos vins », « mieux gérer les stocks », et enfin « revoir les assurances climat ».










