30e AG des vins Pays d'Oc : contractualisation, bulles, marchés...
« Il y a 30 ans, nous produisions 200.000 hl de vin IGP Pays d’Oc, aujourd’hui nous en sommes à 6 millions. C’est inespéré. C'était un pari fou pour certains, on nous appelait les cow-boys du Far-west de lancer des vins de cépage dans une France AOCisée », se souvient Jacques Graveageal, cofondateur et président du syndicat des producteurs de vins IGP Pays d’Oc à l’occasion de l’assemblée générale du syndicat ce 1/12 à La Grande-Motte (34). 5,9 Mhl de vins IGP Pays d’Oc ont été certifiés pour la campagne 2016-2017. 5,1 Mhl ont été achetés sur cette campagne, ce qui représente un potentiel de 677 M de cols et près de la moitié de la production viticole régionale. « Nous sommes pourvus pour répondre au marché », assure Florence Berthes, directrice du syndicat.
Sur ce volume global, 71,3 % des contrats vracs sont signés avec le négoce régional, ce qui représente un CA de 5 M€. « Ceci est porteur d’emplois et de valeur ajoutée pour la région », poursuit-elle. En termes de distribution, 52 % des ventes se font sur la marché domestique dont 29 % en grande distribution (1,7 Mhl) « La grande distribution française est le marché leader grâce à des marques fortes. Des progrès sont à faire en CHR. » Un club des CHR sera créé au sein de l'interprofession.
Côté export (48 % des ventes), l’Allemagne reste le 1er marché malgré l’arrivée massive de vins espagnols. Suivent les Pays-Bas, la Belgique et le Royaume-Uni. La Chine a redémarré et donne de l’oxygène, suivi du Canada et des États-Unis. Parmi les exportateurs de vins de cépage, Pays d’Oc occupe la 6e position avec 2,6 Mhl exportés, devant la Nouvelle-Zélande et derrière l’Argentine (5e), la Californie (4e), l’Afrique du Sud (3e), l’Australie (2e) et le Chili (1er) .
Autre dossier d’envergure en raison de son potentiel de développement : la validation du cahier des charges des vins mousseux de qualité. « Nous attendons la signature par le ministre de l’Agriculture de l’arrêté », confirme Florence Barthès. « Il faut que ce décret sorte avant le 10/12, sinon on ne pourra pas déclarer de vins mousseux en Pays d'Oc pour cette campagne 2017 », s'inquiète l'Audois Michel Servage, président de la confédération des vins IGP.
« Il ne faut pas avoir une vision à court terme basée sur la spéculation », rappelle Gérard Bancillon, secrétaire général du syndicat. « Depuis 2011, sur les 5,2 Mhl contractualisé auprès des metteurs en marche, 10 % uniquement le sont dans le cadre d’une contractualisation pluriannuelle. » L’interprofession Pays d’Oc va proposer un contrat pluriannuel pour le vrac qui porterait sur 3 ans avec une variabilité de +/- 10 % selon la récolte.
Faire émerger davantage la marque. « La filière est arrivée à une certaine maturité. Les débats sont moins clivants et tout le monde semble vouloir tirer dans le même sens, veut croire Olivier Simonou, directeur du site de Castel à Béziers et président d’InterOc. C’était nécessaire pour se projeter au-delà de 30 ans . » Pour Boris Calmette, président de Coop de France LR, « l'enjeu majeur est de vendre, demain, du Pays d’Oc merlot et non plus du merlot en Pays d’Oc ». « Au même titre que Bordeaux et Champagne sont une marque, Pays d’Oc doit être une marque », poursuit Olivier Simonou.










