30 ans du Bic Innov’Up : morceaux choisis
Quelque 400 décideurs gardois ont assisté, mardi soir à la salle Paloma à Nîmes, aux 30 ans du Bic Innov’Up, incubateur d’entreprises innovantes de la CCI 30 (président : Éric Giraudier), présidé par Virginie Monnier-Mangue et dirigé par Antoine Houssin. Avec quelques « sorties » remarquées au cours des tables rondes, en plus de la valorisation de start-up hébergées dans la structure, telles que FunBim (suivi de chantier) ou Airlab Industrie (trottinettes électriques, certaines fonctionnant à l'énergie solaire)**. Morceaux choisis :
Dominique Seau (textile, Éminence, Aimargues) : « J’attends toujours l’acquéreur français (allusion au rachat par le fonds israélien Delta Galil en mai, NDLR), alors que nous avons cherché pendant 18 mois. Nous aurions pu être rachetés par un concurrent qui aurait dit, pudiquement, vouloir faire des synergies, ou par un fonds vautour qui nous aurait revendu à la découpe. Un concurrent n’aurait pas gardé un site industriel en Petite Camargue et dans les Cévennes… Notre repreneur israélien est bienveillant. Il garantit la pérennité de la structure face à notre principal concurrent, Dim. Delta Galil investit chaque année 83 M€ dans la R&D. » Sur les difficultés de recrutements : « Je cherche des opérateurs et je n’ai que des personnes de plus de 50 ans. Des savoir-faire ne s’enseignent plus du tout. »
Christophe Dondeyne, Extracthive (recyclage et dépollution de déchets et effluents industriels, Bagnols-sur-Cèze)
« Il faut adopter davantage le statut d’entreprise à mission*. Quand il y aura beaucoup d’entreprises avec ce statut, les investisseurs devront changer d’attitude et ne pas chercher que du retour sur investissement. Si les entreprises veulent que les investisseurs changent, il faut qu’elles changent elles-mêmes d’abord. » Extracthive a repris plusieurs entreprises, principalement parce qu’elle y trouvait des compétences difficiles à trouver sur le marché de l’emploi. « Nous avons ainsi sauvé 25 emplois industriels lors des deux dernières années. »
Frédéric Planche, directeur de Sud Innovation (Banque Populaire du Sud)
« Les start-up du Bic Innov’Up affichent 88 % de réussite à cinq ans. C’est une belle réussite, de nature à rassurer un banquier ! » Il insiste sur la vertu des fertilisations croisées entre start-up et grands groupes : « La start-up manque de juridique, d’approvisionnements, de supply chain, de RH, a du mal à fixer un prix pour quelque chose qui n’existe pas encore… Les grands groupes ont encore du mal avec les objets connectés, la blockchain, l’intelligence artificielle… » Comme cette collobaration inédite entre Éminence et Le Slip Français, l'industriel amenant son outil de production et la start-up, aux campagnes publicitaires tonitruantes (« Le changement de slip, c'est maintenant », en parodiant le slogan de campagne de François Hollande en 2012), amenant son expertise en matière de stratégie digitale.
* Le terme « entreprise à mission » désigne les nouvelles formes de sociétés commerciales qui se définissent statutairement, en plus du but lucratif, une finalité d’ordre social ou environnemental. Le terme a été introduit en 2015 par Kevin Levillain, chercheur à MINES ParisTech. > Loi Pacte: oui à la création d’un statut d’entreprise à mission










