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Industrie
| 22/01/2014

2014 : les grands chantiers de Marcoule

Les responsables des principaux établissements du site nucléaire de Marcoule ont présenté leurs projets pour 2014, hier soir, au Visiatome. La création d’un Pôle de valorisation des sites industriels fait partie des priorités affichées par le directeur du CEA Marcoule, Philippe Guiberteau, qui porte également un projet d’Institut européen d’hydrométallurgie. L’année 2014 verra également le lancement de l’enquête publique pour le projet Diadem (installation d’entreposage pour les déchets issus du démantèlement), mise en service en 2018 pour un investissement de 72 M€. De son côté, Areva, qui réalise des opérations d’assainissement/démantèlement pour le CEA, saura, fin 2014, si elle est retenue pour la période 2016-2020. À la clé, la réduction probable des effectifs d’Areva sur le site.
Emplois menacés
Areva sera notamment mis en concurrence, pour la prochaine phase du démantèlement de Marcoule, avec des majors françaises, comme GDF Suez, Vinci ou Bouygues. En décembre, un droit d’alerte a été mis en œuvre par les syndicats d'Areva pour s’opposer à un plan prévoyant 170 à 300 suppressions d’emplois, l’effectif d’Areva NC devant passer, selon eux, de 800 à 630 personnes au 1er janvier 2016. « Nous anticipons cette situation pour gérer cette transition de la manière la plus efficiente possible », assure le directeur du site, Olivier Arnaud. Des mesures seront mises en place pour « faciliter les mobilités géographiques », notamment vers le site de La Hague. Pour « anticiper les appels d'offres de 2016 », Areva vient de créer une organisation Démantèlement et Services France, qui regroupe les anciennes Business Units Valorisation et Assainissement. « Cette organisation déployée à l'échelle nationale sera le socle pour faire gagner Areva sur des appels d'offres de démantèlement au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, en Allemagne et au Japon », estime Olivier Arnaud. De son côté, le directeur du CEA, Philippe Guiberteau, affirme que le sort du service de biologie et de toxicologie nucléaire (SBTN), qui emploie 61 personnes, « est toujours en discussion ». Sa prochaine fermeture a été dénoncée par les représentants du personnel en octobre 2013.
Melox : hausse annoncée
Pas de réduction d’emplois prévues à Melox SA, devenu Areva NC Melox depuis le 1er janvier. Le fabricant de combustible Mox programme « 15 à 20 M€ » d’investissements récurrents en 2014, auxquels s’ajoutent un programme d’investissement exceptionnel de 50 M€ sur la période 2011-2015. Après une baisse de production de la production à 124 t en 2013 « en raison d’adaptations techniques du procédé et du décalage de commandes », le directeur, Jean-Marc Ligney, table sur une production comprise entre 145 et 150 t en 2014, dont « 30 à 40 t pour l’export ». Melox exporte notamment son combustible Mox en Allemagne et en Hollande, et se prépare au redémarrage éventuel de l’industrie nucléaire au Japon. Melox emploie 800 personnes (1 300 avec les sous-traitants) et représente un volume annuel d’achats de 140 M€ pour son environnement.
Socodei : redémarrage du four de fonderie
L’usine Socodei (Centraco), dédié au traitement de déchets radioactifs, espère, en 2014, tourner la page de l’accident qui avait coûté la vie, en 2011, à un salarié, tué dans l’explosion du four de fonderie. « Nous espérons pouvoir redémarrer le four à l’été ou l’automne 2014 », indique le DG, Patrick Faure. Huit personnes seront recrutées dans la perspective de ce redémarrage. 13 M€ seront investis en 2014 dans le four, et dans la création de deux ateliers, l’un pour le traitement de racks (des pièces métalliques utilisées pour stocker les combustibles nucléaires), l’autre pour un procédé d’inertage à froid, permettant d’améliorer le conditionnement des mâchefers. Autre projet, afin de diversifier l’activité : l’aménagement d’une aire de transit de containers sur le site. L’usine espère par ailleurs obtenir en 2014 de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) l’autorisation d’étendre sa capacité de traitement de déchets liquides de 2 000 à 3 000 t. Socodei, qui a réalisé un CA de 56 M€ en 2013 (contre 70 M€ avant l’accident du four), mise sur un CA de 65 à 70 M€ en 2014. Selon Patrick Faure, Socodei a injecté 41 M€ dans le tissu économique en 2013, dont 21 M€ en L.-R.
Gammatec démarre
L’installation Gammatec, de la société Synergy Health, démarre en 2014 son activité de stérilisation de dispositifs médicaux par irradiation au cobalt. « Nous avons obtenu l’autorisation de mise en service en décembre », se réjouit le directeur, Patrick Vincenot. « Nous avons commencé le premier chargement de cobalt la semaine dernière, et le prochain aura lieu en mai. Nous devrions être rapidement rentables ». Gammatec, qui représente un investissement de 11 M€ (hors sources radioactives) emploie aujourd’hui six personnes, va en recruter deux autres, et en emploiera 20 « dans six ans ».
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