A 100 ans, le train jaune des P.-O. a-t-il encore un avenir ?
Le 18 juillet, la gare de Villefranche-de-Conflent a revêtu les couleurs sang et or, pour célébrer le 100e anniversaire du mythique Train Jaune, en présence de nombreux élus du canton, des présidents de la Région L.-R. et du Département des P.-O., ainsi que des partenaires d’origine que sont RFF et la SNCF. Durant tout l’été des animations sont organisées sur l’ensemble du territoire.

200 000 voyageurs par an
« Ce train au départ de la gare de Villefranche-Fuilla-Vernet-les-bains, qui rejoint la gare internationale de Latour-de-Carol, la plus haute d’Europe à près de 1 600 mètres d’altitude, représente une identité forte pour notre territoire avec un impact économique et touristique. C’est une marque du territoire à conserver », souligne Brigitte Jalibert, la maire de Vernet-les-Bains. Christian Petit, le directeur régional de RFF, a rappelé que cette « ligne longue de 62,6 km comprend 650 ouvrages d’art, dont deux viaducs classés au patrimoine historique, les ponts Séjourné et Gisclard, qui en font une ligne particulièrement appréciée par une clientèle touristique avec 200 000 voyageurs par an ». RFF investit 2 M€ par an pour l’entretien de la ligne et récupère 500 000 € de péages. « Entre 2009 et 2011, près de 10 M€ seront investis pour la mise en état d’ouvrages d’art ou encore la rénovation des quais de la gare de Villefranche » précise-t-il.
Schéma directeur
Aujourd'hui, le Train jaune est à une période charnière. Menacée à plusieurs reprises de fermeture, la ligne Villefranche-de-Conflent/Latour-de-Carol (jonction France-Espagne), a abandonné le transport de marchandises en 1974, pour se consacrer exclusivement au transport de voyageurs. La ligne est déficitaire mais a une vraie mission de service public. « RFF prend part au schéma directeur qui est actuellement à l’étude pour la partie touristique que pour les infrastructures » précise Christian Petit. Arrivé à la tête de la direction régionale de la SNCF, Jean Ghedira a signalé que « le président national de la SNCF, Guillaume Pépy, est très attaché au Train Jaune » . Quant à l’avenir de la ligne, il confesse que « la Région et le département des P.-O., travaillent sur des scénari possibles notamment pour le renouvellement du matériel et les nouveaux moyens. Des propositions seront faites cet automne. Associée à la passion de ses cheminots, la SNCF veut s’inscrire dans une démarche partenariale pour conduire ce projet ». Un souhait entendu par Jean-Claude Gayssot, vice-président de la Région, ex-ministre des Transports et ancien cheminot. « Il faut que les forces vives de la SNCF, RFF, l’Etat, voire l’Europe, prennent leur place sur cette ligne nationale et internationale ». De son côté, Christian Bourquin, président du département des P .-O., a coiffé, pour s'exprimer, sa casquette de président du Parc naturel régional : « Le Train Jaune est l’emblème du parc et des 64 communes qui le compose. Il est devenu un élément structurant du parc. Avec la Région à nos côtés, nous avons soutenu les projets et lutté pour éviter la suppression de cette ligne qui constitue aussi le patrimoine industriel du département adossé au développement durable. La ligne puise sa ressource énergétique à partir de l’hydroélectricité produite par le barrage des Bouillouses. Alors qu’il fête ses 100 ans, il faut plus que jamais se tourner vers l’avenir car cet équipement est le gage du développement économique au dessus Prades ».
Deux solutions d’avenir pour Georges Frêche
Le président de la Région, encore convalescent de son opération de la hanche, a assisté au centenaire. Il propose deux solutions. « La première solution consiste à « repétasser » le Train jaune pour qu’il perdure encore six à sept ans. La seconde serait d’acheter un train neuf, copie de l’actuel train qui durera 100 ans de plus. Mais cela à un coût ». Pour accroître la fréquentation du Train jaune hors saison estivale, il pense qu'il « doit partir de Perpignan pour conduire les touristes aux stations de ski l’hiver. Pour cela il faudrait intervenir sur les rails. Enfin, il faudrait que ce train puisse atteindre Puigcerdà. Il manque six à sept km de voies. On pourraient ainsi boucler l’Eurorégion ». D’après Jean-Louis Alvarez, conseiller général d’Olette, qui a débuté et terminé sa carrière de cheminot sur cette ligne, « le coût d’un nouveau matériel roulant pourrait atteindre 60 à 70 M€, contre 10 M€ pour améliorer le matériel existant ». Concernant l’intervention sur les rails, il pense que « cela se chiffrerait à plusieurs dizaines de millions d’euros ».










