la lettre M

Région Occitanie
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Aéronautique et spatial
| 16/04/2019

La filière aérospatiale en croissance mais sous pression

Trois mille neuf cents : c’est le nombre d’emplois créés en 2017 par la filière aéronautique et spatiale dans le Sud-Ouest (Occitanie et Nouvelle-Aquitaine), selon l’enquête dévoilée le 10 avril par l’Insee, en partenariat avec le pôle de compétitivité Aerospace Valley. Une croissance de 2,7 % qui vient s’ajouter à celle de 2,3 % enregistrée en 2016. La grande majorité des recrutements – plus de 3 000 – a eu lieu en Haute-Garonne. Désormais, le secteur représente 107 300 emplois en Occitanie. À l'échelle du Sud-Ouest (146 000 salariés), l'emploi se concentre dans l’industrie (95 000 salariés). Les services, eux, regroupent 50 000 salariés. Les 1 100 acteurs de la chaîne d'approvisionnement (supply chain) du Sud-Ouest représentent 70 % de l’effectif total. Sans surprise, ce sont eux qui ont réalisé la majorité des recrutements en 2017 (3 200 emplois nets). La supply chain a enregistré 13,9 Md€ de chiffre d'affaires en 2017, en hausse de 5,4 % (contre 8,2 % en 2016). Un ralentissement de la croissance lié notamment au report de la montée en charge sur certains programmes d’aviation commerciale, comme l'explique Yann Barbaux, président d’Aerospace Valley, qui évoque le « retard enregistré dans la motorisation des Airbus A320neo et A350. Les cadences prévues n’ont pas pu être tenues, ce qui a décalé d’autant les perspectives de croissance. Mais les choses sont désormais réglées. »

Cadences et visibilité

À elle seule, la supply chain aéronautique - qui représente 90 % de l’activité aérospatiale dans le Sud-Ouest - a enregistré une hausse de chiffre d'affaires de 4,7 %. Avec cependant une légère baisse enregistrée dans l'ingénierie, qui s'explique par l’absence de nouveaux programmes développés par les avionneurs, comme l’analyse Yann Barbaux : « Le prochain grand programme n’interviendra pas avant 2025 ou au-delà, en réponse aux enjeux environnementaux qui obligeront les avionneurs à développer des technologies de rupture en matière de motorisation ». Montée en cadence exigée à court terme mais manque de visibilité à long terme : dans ce contexte, difficile pour les sous-traitants de se projeter, voire d'investir massivement dans les technologies de l'usine du futur, comme le souhaiteraient les donneurs d'ordres. Un enjeu dont devra tenir compte Guillaume Faury, qui est devenu, le 10 avril, président exécutif d'Airbus (129 000 salariés, dont plus de 20 000 en région toulousaine, 59 Md€ de chiffre d'affaires en 2018). Le successeur de Tom Enders connaît bien le sujet, lui qui présidait jusque-là la division aviation commerciale d'Airbus. Le groupe, qui a livré 800 appareils commerciaux l'an dernier, a certes dépassé l'objectif qu'il s'était fixé. Mais côté ventes, les performances sont moindres, avec 747 commandes nettes (contre 1 109 en 2017). Si neuf ans de production sont assurés, il faut maintenant livrer ce qui a été vendu.

Alexandre Léoty et Aline Gandy

 

 

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