Composites : à Toulouse, Latécoère planche sur l’avion du futur
Le groupe aéronautique toulousain Latécoère fait monter en puissance, au sein de son site toulousain de Montredon, son centre de développement composites lancé en septembre dernier. En exclusivité pour La Lettre M, l’équipementier ouvre ses portes et livre sa stratégie.
« Par son envergure, c’est un site unique en France », assure Simon Rieu, responsable de production. Sur 700 m2, les machines de pointe s’alignent, sous l’œil vigilant de la salle de contrôle. Ici, un impressionnant robot de drapage. Là-bas, une thermopresse de 1 000 tonnes. Plus loin, une étuve de polymérisation et un atelier d’ajustage-montage. Fruit d’un investissement de 5 M€, le centre de développement composites de Latécoère est opérationnel depuis septembre dernier au sein du site de Montredon, à quelques kilomètres du siège social de l’équipementier aéronautique toulousain. Ses deux missions ? Fabriquer des pièces composites dans le cadre des activités R&T du groupe et envisager leur production automatisée dans les différentes usines Latécoère en intégrant toutes les étapes du processus de fabrication automatisée, du drapage à l’assemblage en passant par l’estampage et la consolidation. Au quotidien, une dizaine de personnes s’affaire dans ce centre high-tech capable de fabriquer des pièces de structure aéronautique – principalement des portes passagers – en composite thermodurcissable ou thermoplastique. Des recherches observées de près par les clients et partenaires de l’équipementier, Airbus en tête. « Le monde du composite est un petit village gaulois, confie Simon Rieu. Nous dialoguons en permanence et travaillons autour d’axes technologiques partagés. »

Préparer la transition
Avec un objectif clair : « Monter en puissance dans les quatre à cinq années à venir afin d’être en mesure de répondre aux enjeux des futurs avions décarbonés », explique Serge Bérenger, vice-président exécutif Innovation et R&T du groupe de 5 900 salariés qui a enregistré 468,3 M€ de chiffre d’affaires en 2022 et pourrait selon nos informations dépasser les 600 M€ en 2023. Pour l’industriel, « l’avion décarboné sera nécessairement composite, en vue de bénéficier d’économies de masse et de réduire les consommations énergétiques. Ici, en lien avec les innovations menées par le groupe dans le domaine de l’optique, nous préparons cette transition. » Dans ce contexte, le positionnement géographique du site, à proximité des bureaux d’études de Latécoère (150 salariés), constitue un atout de taille. « Nous positionnons le produit près de la matière grise », résume Simon Rieu, qui voit également dans le centre – bénéficiant d’un budget annuel de fonctionnement de 1 M€ – un outil de formation à l’usage des matériaux composites ainsi qu’une plateforme susceptible d’être mise à la disposition de tiers.
Changement de destination
Cette nouvelle activité prend place au sein d’un site industriel de 150 salariés qui a défrayé la chronique l’an dernier tandis que Latécoère confirmait sa volonté de transférer en République tchèque et au Mexique les activités productives qui y étaient abritées. Outre le centre composites, l’usine de Montredon, qui a ouvert ses portes en 2018 après 37 M€ d’investissement, est désormais destinée à accueillir « des activités de support », indique Serge Bérenger, qui précise que « les transferts de personnel se poursuivront jusqu’en 2025 ». Et le dirigeant d’insister : « Ce site a vocation à rester. »












