À Toulouse, la CGT Latécoère dénonce un projet de « délocalisation »
Le syndicat (minoritaire) CGT Latécoère adresse le 6 février une lettre à Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, pour dénoncer le projet du groupe aéronautique visant « à délocaliser d’ici à fin 2024 la totalité de l’activité (du site toulousain) de Montredon vers la Tchéquie et le Mexique et à fermer le site de Labège ; près de 150 collègues sont impactés (109 à Montredon et 36 à Labège) ». Interrogé par La Lettre M, Stéphane Faget, secrétaire général de FO Latécoère, précise que des reclassements devraient être proposés. Un porte-parole de Latécoère indique à La Lettre M que le projet consisterait à « concentrer sur le site de Toulouse-Montredon des activités actuellement éparpillées sur le bassin toulousain ».
Un « coup dur », selon la CGT
En interpellant publiquement Carole Delga, la CGT entend dénoncer « un coup dur ». « Nous avons eu deux réunions de CSE le 25 janvier et le 2 février derniers, indique à La Lettre M Florent Costes, secrétaire général de CGT Latécoère. La direction nous a fait part de son projet de délocaliser l’activité actuellement présente dans le site de Montredon. » Concrètement, selon le syndicat, le plan consisterait à la fois – d’ici à la fin de l’année prochaine – à transférer l’ensemble des activités du site de Montredon vers les unités détenues par Latécoère en République tchèque et au Mexique, ce qui impacterait un effectif de 109 personnes, et à déménager à Montredon des activités de service clients localisées à Colomiers (« une centaine de personnes impactées »), mais aussi des activités Systèmes localisées à Labège (« environ 65 personnes impactées »), des activités du centre essais portes et des activités de R&T industrielles (« quelques personnes impactées »). Selon la CGT, le projet inclurait enfin « la fermeture du site de Labège » et « la délocalisation des activités Racks A330 et A400M vers la Tunisie (36 personnes impactées »).
Le porte-parole de Latécoère interrogé par La Lettre M précise que les transferts vers les sites étrangers sont destinés à « aller chercher de la compétitivité », avant d’ajouter qu’un centre de développement dédié aux composites est en cours d’installation à Montredon et devrait être opérationnel « d’ici à la fin du semestre ».
Au terme de « délocalisation », Stéphane Faget (FO Latécoère, syndicat majoritaire avec la CFE-CGC) préfère quant à lui celui de « transfert d’activité ». « Quand il a ouvert ses portes (en mai 2018, après 37 M€ d’investissement, NDLR), le site de Montredon devait tourner à plein régime, explique-t-il. Les choses étaient plutôt bien parties, puis il y a eu la Covid. Nous subissons les conséquences de la crise. L’unité de production avait des problèmes de rentabilité. Ce qui est proposé aujourd’hui par la direction, c’est un reclassement des salariés concernés. »
Reclassements prévus
« "La direction nous a en effet assuré qu’elle souhaitait conserver tout le monde et reclasser en interne les salariés », confirme Florent Costes, qui indique que les 36 salariés de Labège seraient reclassés en région toulousaine, tandis que les 109 salariés de Montredon se verraient proposer des postes à Toulouse et à Gimont, « dans des conditions qui seront définies via un accord de GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels) à négocier courant février ». Mais le responsable syndical se dit sceptique. « À l’heure actuelle, il n’y a que 63 postes en CDI ouverts à Toulouse et à Gimont, assure-t-il. Nous voyons donc mal comment tout le monde pourrait être reclassé. D’autant qu’il ne s’agit pas forcément des mêmes métiers ni des mêmes profils. » D’après nos informations, une nouvelle réunion de négociation avec les partenaires sociaux doit avoir lieu mi-février. Le groupe toulousain Latécoère, spécialisé dans les aérostructures et les systèmes d’interconnexion, compte environ 4 800 salariés. Il a enregistré 379,8 M€ de chiffre d’affaires en 2021.










