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| | 23/02/2009

Région/Polémique - Claude Baland répond aux attaques de Georges Frêche

Traité publiquement samedi 21 par Georges Frêche de serviteur d’un Etat « manchot », s’inscrivant dans une lignée de « nuls défilant depuis quinze ans », lors de l’inauguration de la première tranche de la déviation Est de Montpellier, Claude Baland a répondu lors de sa prise de parole : « Je ne comprends pas pourquoi j’ai droit à un tel traitement. Je tends la main, mais c’est une main cloutée qui me la prend. Je réagis a minima et ne fais aucune polémique. Ma susceptibilité personnelle ne compte pas. Je suis un serviteur de l’Etat, je ne veux en aucun cas que l’humiliation personnelle qu’on m’inflige retarde l’avancement des dossiers, comme celui-ci. Je constate qu’il y a un grand contraste entre les discours - on connaît la faconde des gens du Languedoc - et le travail en commun qu’on inaugure tous les jours. Hier (vendredi 20, ndlr), on était à Lunel pour un travail en commun pour un dossier très important visant àpréserver les habitants de Lunel (…) J’ai demandé à la Trésorerie générale, qui ne peut pas être taxé de mauvaise foi, de calculer les dépenses de l’Etat en L.-R. : les paies des fonctionnaires, les pensions, les délégations aux collectivités locales, les subventions... L’Etat en L.-R., c’est 13 Md€ par an. Heureusement qu’il y a l’Etat, parce qu’avec le pourcentage de fonctionnaires qu’il y a dans cette région, la crise nous frapperait encore plus durement. Alors que votre budget, Messieurs les présidents (se tournant vers Vezinhet et Frêche, ndlr), c’est 1,1 Md chacun. »« Ce qui me frappe ici, c’est cette détestation de la France »Concernant les modalités d’élargissement de l’autoroute A9, pour séparer les flux de transit et locaux et sécuriser les sorties au sud de Montpellier, Claude Baland a déclaré : « Vous ditesque ces sorties sont très dangereuses, que l’Etat devrait financer tout, tout de suite, plus, plus vite. Vous avez objectivement raison de votre place à vous ! Mais quand on va de département en département, il y a des passages dangereux dans tous les coins de France. Ça fait 40 ans que le budget est en déficit : l’Etat n’est pas pingre, il donne même plus que ce qu’il a. Moi aussi, j’attends la décision du ministre Borloo sur le dédoublement de l’A9. Moi aussi, j’appelle à Paris, insistant sur le fait qu’il faut décider vite. On me dit \"Attends, il faut peser les avantages, on envoie des équipes pour prendre des photos, refaire des études... \" » ClaudeBaland s’est livré à une analyse à chaud de ses premières semaines dans la région : « Ce qui me frappe ici, c’est cette détestation de l’Etat. Dans toute la France, il y a des sentiments ambivalents vis-à-vis de l’Etat. Les Français attendent tellement de l’Etat qu’ils n’ont jamais assez. À la fois ils l’aiment, ils en ont besoin, ils sont critiques quand on l’érode, quand on diminue son superficie, mais à la fois ils le critiquent tout le temps, et je trouve ça particulièrement injuste. »« découpages hasardeux »Lors de l’inauguration, Georges Frêche a également ironisé publiquement sur le déplacement du préfet à La Grande-Motte « Je me demande ce que vous alliez (y) faire », a-t-il lancé à Claude Baland à La Grande-Motte, Peut-être négocier lacirconscription du maire de La Grande-Motte (Stéphan Rossignol, UMP, ndlr) ? Je ne vous en veux pas, ça fait aussi partie de votre boulot. Vous êtes en service commandé. Le maire de La Grande-Motte, il est gentil. Il a mis 15 ans pour se faire élire maire de La Grande-Motte, il mettra bien 20 ans pour être élu député. On va l’y aider. Vous pouvez découper comme vous voulez, lors des prochaines législatives, il y aura cinq sièges PS et deux sièges UMP. Les gens n’aiment pas qu’on leur force la main. Les malins sont toujours pris à leur propre jeu. Il vaut mieux s’occuper de l’intérêt général que de faire des découpages hasardeux, surtout pour embêter non seulement les socialistes mais aussi tel ou tel député UMP qui ne marcherait pas au pas cadencé » (Jean-Pierre Grand, ndlr).Réponse de Claude Baland : « Est-ce qu’il faut qu’un préfet n’aille pas voir les élus? On ne devrait pas reprocher à un préfet d’aller voir les élus, c’est signe de considération et de respect.Je veux être un préfet de terrain, être à l’écoute. Je veux aller voir les maires des communes de plus de 7 500 habitants. »H.V.

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