Nîmes/Régionales – Premier round pour les quatre prétendants UMP à la Région
Pas de petits coups bas entre amis lors du premier meeting des quatre prétendants à l’investiture UMP aux régionales de 2010, ce mercredi à Nîmes. Mais un seul épouvantail : Georges Frêche, sur lequel les quatre candidats à la candidatures ont tiré à vue pendant toute la soirée. Le maire de Béziers Raymond Couderc, le directeur de cabinet du maire d’Alès, Christophe Rivenq, le maire de Palavas-les-flots Christian Jeanjean et le maire de Prades, Jean Castex, ont tour à tour dénoncé « les dérapages », « le bilan catastrophique » et « la vision totalement égocentrique » de « l’empereur de Septimanie » devant quelques centaines de militants UMP gardois réunis Salle des Costières. Les quatre prétendants ont eu dix minutes chacun, montre en main, pour se présenter*, avant de dénigrer, à tour de rôle, le bilan de Georges Frêche.Rivenq : la « rupture générationnelle »Christophe Rivenq a rendu hommage a son mentor Max Roustan, qui lui a « appris énormément ». « Au cours de ces années, beaucoup de choses se sont faites en Cévennes. Quand j’ai fait le choix de me présenter à la candidature, c’est pour exporter ce modèle cévennol au niveau de la région », a affirmé le jeune (42 ans) directeur de cabinet du maire d’Alès. Qui fait de sa jeunesse un argument. « 42 ans, c’est peut-être un jeune âge pour certains, mais c’est l’âge où on peut se réaliser pleinement et où on peut réellement faire des projets à 20 ou 25 ans ». « Candidat de rupture générationnelle », Christophe Rivenq met en avant un « projet de territoire sur les 15 prochaines années » qu’il « partagera avec tous les élus ».Jeanjean : « pas un homme seul »« Vous allez dire : cet homme-là ne connaît rien, il n’est pas sorti de Palavas ». Le maire de la station balnéaire héraultaise a tenté de démontrer le contraire à son auditoire en égrenant son CV : études de droit, commerçant, président de la CGPME, juge au tribunal de commerce… Et surtout maire, conseiller général, député (« J’ai laissé ma place pour qu’on puisse gagner »), président de l’association des villes touristiques du Languedoc-Roussillon, président de l’association des ports de plaisances… « Je connais les problèmes du Languedoc-Roussillon », a martelé l’élu. En assurant n’avoir qu’un but : « La victoire contre Georges Frêche. Et je suis sûr que nous allons le battre ! ». Christian Jeanjean l’a d’ailleurs, dit-il, croisé sur les bancs de la faculté de droit. « Un jour il m’a dit : \"Je vais me présenter aux municipales à Montpellier\". Je lui ai dit : \"Tu ne peux pas, il y a François Delmas\". Il m’a répondu : \"Si c’est pris à droite je vais à gauche, si c’est pris à gauche je vais à droite !\". » « Je suis un homme qui n’est pas seul », a assuré le maire de Palavas, en se prévalant du soutien des députés Jean-Marc Roubaud et Etienne Mourrut.Castex : le candidat du « renouveau »Comme Christophe Rivenq, le maire de Prades Jean Castex a mis en avance sa jeunesse, à laquelle il a ajouté un autre atout : sa« connaissance des rouages de l’Etat ». Cet énarque de 43 ans, « marié, trois enfants », a déroulé un CV de haut fonctionnaire : magistrat à la cour des comptes, président d’une chambre régionale des comptes, directeur des hôpitaux au ministère de la Santé (« Je gérais un budget de 65 Md€, 65 fois plus que celui de la Région »), puis directeur de cabinet de Xavier Bertrand, aux ministères de la Santé puis du Travail. Maire de Prades depuis 2008, « et président d’une communauté de communes autour de Prades que j’ai réussi à créer en quelques mois alors que l’intercommunalité ne parvenait pas à s’imposer dans ce territoire », Jean Castex a plaidé, face à un Georges Frêche qui fera « le mandat de trop », pour « une alternative fondée sur le renouvellement des idées, des méthodes et des générations. Quand M. Frêche a été élu maire de Montpellier en 1977, j’avais 12 ans. »Couderc : « restaurer l’image de la Région »Invité à s’exprimer sur le bilan du futur sortant, Raymond Couderc a mis en avant sa volonté de « restaurer l’image de la région, parce qu’elle est assimilée à son président » et à ses « dérapages verbaux ». Pour ne pas être en reste, il a aussitôt ajouté qu’« on peut se poser la question : s’il est élu par les cons, qui est le roi des cons ? ». Le maire de Béziers s’est ensuite livré à une descente en règle de l’action de Georges Frêche, qui n’a « rien réalisé de sérieux dans la Région », critiquant « l’augmentation de 105 % des impôts » et le « gaspillage dans tous les domaines ». « L’empereur de Septimanie a une seule ligne de conduite : la propagande », a-t-il affirmé.Invité à faire feu sur la même cible, Christophe Rivenq a déploré que « près de 40 % des investissements de la Région aillent sur l’agglomération de Montpellier. On pompe l’argent sur tout le territoire pour le déverser sur un seul. Notre attente numéro un, c’est le développement économique. Or Georges Frêche n’a pas fait son travail ces six dernières années dans ce domaine ».Christian Jeanjean a lui aussi dénoncé le « bilan castrophique » du sortant, fustigeant ses « balayettes de WC à 300 €, ses toilettes qui valent plus cher qu’une maison (…), ses maisons de la région construites un peu partout et qui ne servent à rien sinon à dépenser notre argent ». Le maire de Palavas a néanmoins proclamé son intention, s’il était élu président, de créer un « conservatoire du vin, et des maisons à l’étranger ».Le haut fonctionnaire Jean Castex a tiré les dernières cartouches en dénonçant « l’explosion des impôts et l’accroissement de la dette ». Selon lui, « Georges Frêche ternit l’image de la région et nous fait passer pour des rigolos ». Lui ne veut « plus opposer Montpellier et le reste du territoire. Il faut une locomotive, mais si on néglige à ce point les wagons, il n’y pas de vue d’ensemble ». Plaidant pour une « gestion plus ouverte, plus apaisée, qui sera un gage d’efficacité », il a mis en avant la nécessité de « peser davantage dans le débat public national pour rattraper notre retard ».Un seul candidat le 22 mars« Il y a un perdant ce soir, c’est Georges Frêche, et il va mal dormir ! », a proclamé l’ancien député-maire de Millau, Jacques Godfrain, qui jouait les « Monsieur Loyal ». Prochains rendez-vous vendredi 6 à Rivesaltes (Salle des Dômes), le 7 à Marvejols, le 10 à Saint-Gély-du-Fesc (espace Georges Brassens), le 13 à Carcassonne (hôtel de ville). Les militants voteront ensuite du 16 au 22 mars pour désigner le candidat unique de l’UMP à la présidence de la Région en 2010.H.F.*La ponctualité n’étant pas le point fort des TER, nous n’avons pu assister à la première intervention de Raymond Couderc.










