Gard/Collectivités - Nouvel Hôtel du Département : le conseil général renonce
Damien Alary, président du conseil général du Gard, a annoncé ce matin, au cours d’une conférence de presse, l’abandon du projet de construction d’un nouvel Hôtel du Département, sur la Zac du Triangle de la gare. Le projet, estimé à 90 M€, aurait permis de regrouper, sur 30 000 m2 de Shon, les principaux services du Département. Damien Alary a également annoncé une baisse, en 2010, de 2,35 %, du budget de fonctionnement (667 M€ en 2009), et le maintien des investissements de sa collectivité, à hauteur de 115 à 120 M€. Ces décisions ont été entérinées par les élus de sa majorité, réunis hier en séminaire au Pont du Gard.Flou complet« Nous sommes dans le flou le plus complet, a expliqué le président du conseil général, pour justifier l’abandon du projet de nouvel Hôtel du Département, pour lequel la collectivité a signé une promesse d’achat. « Si on attaque les travaux en fin d’année, il faudra trois ou quatre ans pour le construire, ce qui nous mènera en 2013 ou 2014 ». Or la réforme des collectivités locales prévoit une baisse du nombre des conseillers généraux. « Au lieu de 46, nous aurons vraisemblablement à terme une vingtaine d’élus, qui siègeront peut-être au conseil régional ». Or le nouveau bâtiment prévoyait un hémicycle et des bureaux pour 46 élus. Damien Alary estime également que le projet « aurait pu être mal compris de la population ».À propos de la baisse des dépenses de fonctionnement, Damien Alary a indiqué qu’elle concernait tous les postes : « l’informatique, le courrier, les véhicules, le carburant, les prestations culturelles, sportives, le social, les routes ». Les investissements routiers prévus sont, en revanche, maintenus. Aucun licenciement n’est à prévoir, selon lui, au sein des 3 000 agents travaillant pour le Département. « On redéploie, chaque fois qu’on peut le faire ».Mise à mortSelon Damien Alary, cette situation s’explique par « les transferts non compensés à l’euro prêt, sur lequel est venue se greffer la crise, avec les recettes qui diminuent ». 80 % des dépenses de fonctionnement du Département sont des dépenses « contraintes » : RMI, APA, RSA… « Or l’État nous doit 409 M€ pour les transferts non compensés », affirme l’élu. La facture s’élèverait à 54 M€ pour l’APA et 10 M€ pour le RMI sur le budget 2009. La réforme de la fiscalité locale, avec la suppression de la TP, et celle de la TH pour les Départements, pourrait également toucher la collectivité. Le directeur général des services, Didier Bacqueville, estime que le Département perd au change si ces impôts sont compensés par la TVA ou une taxe carbone : « Nous allons troquer un impôt dynamique, dont les bases évoluent, contre une recette peu dynamique, indexée sur l’inflation ». Du fait de la crise immobilière, le Département voit également fondre les recettes des droits de mutation, les « frais de notaire » qu’il perçoit sur les transactions. Ils devraient passer de 78 M€ en 2007 à moins de 50 M€ en 2009.Damien Alary compare la situation du Département à celle d’un « petit poulet dont les ailes s’agitent encore. On n’est pas mort, mais on essaie de nous mettre à mort. Le poulet sent le cordon se serrer de plus en plus. Mais on n’a pas dit notre dernier mot. »Henri Frasque










