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Languedoc-Roussillon
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Services
| 7/04/2010

Services à la personne - Un secteur à professionnaliser, reconnaissent les acteurs économiques

Le secteur des services à la personne, considérés comme un gisement d’emplois dans les prochaines années (cf. hors série thématique de La Lettre M, paru mardi 6 avril), reste à professionnaliser pour sécuriser les parcours et lutter contre la précarité des salariés, ont indiqué plusieurs acteurs économiques et institutionnels, lors de l’inauguration du premier salon des services à la personne au Corum de Montpellier, ce mercredi 7 avril. 
« Il est important aujourd’hui de professionnaliser ces emplois, déclare Christiane Fourteau, adjointe au maire de la ville de Montpellier déléguée à la commission actions solidaires / prévention et vice-présidente du CCAS. Aujourd’hui, un grand nombre d’entreprises et de structures associatives fleurissent. Les emplois créés sont hélas souvent précaires. Le temps partiel est bien souvent imposé. Créer des emplois dans les services à la personne, c’est parfois créer de la précarité. Les personnes qui travaillent quelques heures par semaine perdent en effet le bénéfice du RSA. Nous ne pouvons pas demander au Département de financer à l’infini le secteur via l’APA. L’Etat doit financer plus largement les Départements dans le cadre de l’APA, ce qui nous permettrait de travailler différemment. »


« Il faut continuer à professionnaliser ces métiers à la personne : couvertures conventionnelles, qualité de service, formations initiale et continue, enchaîne Frédéric Roig, vice-président du conseil général de l’Hérault en charge du développement économique et de l’insertion, et président du PES (Pléiades Emploi Services) 34. On a une palette d’outils : l’aide personnalisée à l’autonomie (APA), qui est un support important. Depuis le 1er juin 2009, le revenu de solidarité active, qui est un outil aussi de la qualité des emplois et de l’accompagnement des gens dans le cadre d’un parcours d’insertion. On a depuis le 1er janvier 2010 le contrat unique d’insertion, mis en œuvre par l’Etat et le Département. Et sur le champ de la création d’activités, beaucoup de personnes sont intéressés pour développer leur projet professionnel en s’appuyant sur le secteur des services à la personne. Mais parfois, il y a des marchands de sable, certaines personnes vendent des prestations qu’elles ne réalisent pas, ou qui n’ont pas la capacité. Quand on arrive à mettre de l’organisation, du sérieux, on crée de vrais emplois et on accompagne des opérateurs. Je serais très demandeur qu’on arrive à mettre un peu de cohérence dans ce marché dans lequel le secteur privé est très moteur. »

Deux enjeux : création d’emploi et facilitation de la vie quotidienne

Marie-Pierre Lebreton, directrice du développement de l’offre de l’agence nationale des services à la personne, identifie deux enjeux majeurs : « La création d’emplois et la facilitation de notre vie quotidienne. Quels que soient l’endroit où nous vivons, notre âge, notre situation, nous devons pouvoir accéder aux services à la personne. L’Etat consacre des avantages sociaux et fiscaux, à disposition à la fois des acteurs mais aussi des particuliers bénéficiaires. Depuis 2005, 390 000 emplois ont été créés en France. Aujourd’hui, en 2009, malgré la crise, le secteur des services à la personne a continué à créer de l’emploi : 35 000 emplois, soit 16 000 équivalents temps plein, ont été créés en 2009 dans le secteur des services à la personne alors que dans le reste de l’économie, la crise a fait des ravages. Ce secteur compte deux millions de salariés, principalement de femmes. »


Marie-Pierre Lebreton souligne une « mécanique de la demande » : natalité, vieillissement de la population, facilités de moyens de paiement… 
« Ce secteur en développement connaît des difficultés en matière de financement, d’organisation du travail et de formation, reconnaît Anne-Marie Sabatier, Direccte UT 34 . Nous sommes chargés de délivrer les agréments aux organisations de services à la personne (350 dans l’Hérault). Nous mettons en place des outils d’aides à ce secteur : dispositif local d’accompagnement pour consolider les associations, engagement de développement, d’emploi et de compétences, VAE. »
Le champ des services à la personne recouvre trois secteurs, rappelle Pierre Batoche, directeur général de la CRCI L.-R. : « personnes dépendantes (âgées et handicapées), vie quotidienne et services à la famille (garde d’enfants, devoirs après l’école…). On avait cru qu’on pouvait se passer de ces emplois-là, on se rend compte que non. Il faut recréer du lien social. C’est créateur d’emplois. Le danger, c’est que c’est parfois sous-qualifié. Il faut sécuriser les services à la personne. La CRCI s’investit car des entreprises se créent dans ce secteur. On est là pour les aider à se professionnaliser, à faire du marketing, à faire des études de marché avant de se lancer, à sécuriser la vie de l’entreprise. »
Ce premier salon régional des services à la personne (www.servicealapersonneexpo.com) est organisé par AP Média (Montpellier).

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