Des salariés du privé se joignent à la fronde anti-réforme des retraites
Entre 13 000 (police) et 20 000 à 60 000 personnes (syndicats) ont défilé samedi après-midi à Montpellier contre le projet de réforme des retraites, a constaté La Lettre M.
Des salariés du secteur privé se sont joints à la manifestation. Bruno Illaire, délégué syndical central CGT du groupe Kraft Foods France, et salarié de Jacques Vabre (torréfaction de café, 134 salariés à Lavérune, Hérault), menant une intersyndicale d'une quinzaine de salariés, a déclaré : « On se voit mal dans une usine à venir travailler à 62 ans avec un déambulateur ! » Il a fustigé un projet de réforme selon lui hypocrite : « Quand vous voyez l'augmentation du chômage des jeunes, et le fait que de grands groupes multinationaux font partir leurs salariés entre 57 et 60 ans... Il y a d'autres solutions pour financer les retraites. Le plein-emploi permettrait de faire partir les gens à la retraite à 60 ans. »
Des salariés de Sanofi-Aventis
D’après lui, « le projet ne prend pas assez en compte la pénibilité. 20 % d'incapacité reconnus par un médecin du travail, ça veut tout dire et rien dire. Rien n'est défini dans les critères de pénibilité. Je ne parle pas forcément pour nous, mais pour les peintres en bâtiment, les maçons... » Une centaine de salariés de Sanofi Aventis (1 100 salariés à Montpellier) ont défilé. Pierre Calichiama, délégué syndical CGT du site de Montpellier, a déclaré : « Sanofi Aventis fait partir les gens tôt, en général autour de 55 ans. C’est incohérent par rapport au projet de réforme ! Notre objectif, c’est de rester à 60 ans. Il n’y a pas de fatalité, on peut faire reculer le gouvernement. A nous de lui faire recouvrer l’ouïe car pour l’instant, il n’entend rien... » Maurice Chayne (CGT France Télécom Orange à Montpellier) a ajouté : « 60 ans à taux plein sans abattement, c’est notre revendication. Il faut des retraites décentes. Il faut aussi laisser la place aux jeunes. Je pense que le gouvernement peut encore reculer. Sur le CPE, de Villepin est revenu en arrière. Juppé aussi, en 1995. »
"Fin des exonération patronales"









