Le préfet appelle les entrepreneurs à investir

Invité du 4e « Petit déj » de La Lettre M, ce vendredi 18 novembre au Domaine de Verchant à Castelnau-le-Lez, Claude Baland, préfet de l’Hérault et préfet de la région L.-R., a appelé les chefs d’entreprises à ne pas geler leurs investissements en 2012. « J’ai l’impression que les entrepreneurs s’auto-limitent, par tétanisation de certains acteurs économiques. Quand on regarde le nombre d’arbitrage pour les refus de prêts par les banques… Dans l’Hérault, 153 entreprises ont demandé une médiation bancaire de la Banque de France sur les dix premiers mois 2010. Elles ne sont que 60 sur les dix premiers mois de 2011. C’est le signe non pas que l’économie a moins besoin des banques, mais que les acteurs anticipent des refus de prêts. Mais si on se tétanise tous devant la crainte de la crise, ça va accentuer la crise ! Il ne faut pas s’autobloquer. »
Depuis septembre, la conjoncture économique régionale s’est dégradée. « Les signes d’alerte se multiplient : augmentation des subventions pour le chômage partiel, augmentation du nombre de licenciements dans les entreprises de plus de 10 salariés. »
La saison estivale a par contre été excellente, avec « 15 % d’embauches en plus dans l’Hérault en juillet-août par rapport aux étés 2009 et 2010, qui étaient déjà bons ».
Évoquant les grands dossiers d'infrastructures ferroviaires, Claude Baland a déclaré que la bande de 1 000 mètres dans laquelle s’inscrira le futur tracé de la ligne ferroviaire nouvelle Montpellier-Perpignan sera validée par décision ministérielle « dans les tout prochains jours ».
Concernant le projet de dédoublement de l’A9, le préfet s’est dit ne pas être en mesure de livrer de calendrier prévisionnel des travaux. « On travaille avec ASF (Vinci Autoroutes) et la Dreal. Nous allons bientôt communiquer. » La mise en œuvre de la limitation de la vitesse à 90 km/h au droit de Montpellier se révèle « très compliquée. L’idée d’imposer une seule limitation, sur tout le linéaire et tout le temps, créerait des mécontentements. Quand nous parviendrons à un accord, nous ferons une communication globale. »
Le montage financier et le calendrier de réalisation de déplacement de l’autoroute A9, projet à 800 M€ auquel le ministre des Transports Thierry Mariani a donné son feu vert fin septembre, ne sont à ce jour pas arrêtés.
Défense du plan de rigueur
Rappelant que « l’Etat en L.-R., c’est 13 Md€ », Claude Baland a défendu le plan de rigueur de François Fillon. Ainsi, il ne voit pas forcément d’un mauvais œil l’arrête du dispositif Scellier fin 2012. « Ca peut créer un effet d’aubaine. » Concernant le rehaussement de la TVA de 5,5 % à 7 % : « Passer de 19,6 % à 5,5 % (en 1999 pour les travaux de rénovation dans le bâtiment, NDLR), c’était un gros avantage. Passer de 5,5 % à 7 %, c’est un petit inconvénient. Ce n’est ni dissuasif pour les particuliers, ni catastrophique pour les entrepreneurs. »
Concernant l’échec du dossier montpelliérain au 2e tour d’Idex (Initiatives d’Excellence), Claude Baland a appelé à une réaction rapide : « Espérons que cet échec créera un déclic. On est dans un système mondialisé et compétitif, il ne faut pas l’oublier. J’ai échoué moi aussi, ça m’a fait rebondir. Ça sert à rien de se morfondre, il faut réagir. Alès est connu dans le monde entier, Sup Agro et l’école de chimie à Montpellier aussi. Il faut resserrer les synergies et complémentarités avec les laboratoires de recherche. »
ENR : le solaire plus que l’éolien
Revenant sur l’historique du dossier Idex, « il y a toujours eu un consensus de tous les élus, et une action d’accompagnement de cette candidature entre Frêche puis Bourquin, le recteur et moi-même, a-t-il déclaré. Nous avons tenu un nombre de réunions incalculable. On a informé les laboratoires et universités sur ce qu’on savait des critères du jury international. Maintenant que Montpellier est éliminée, soit le monde universitaire se divise en recherchant un bouc-émissaire, soit il réalise les efforts de gouvernance nécessaires. Il est clair que la gouvernance n’est pas allée assez loin, que le projet global n’était pas encore assez cohérent. Aujourd’hui, la réaction qui doit prévaloir, c’est de mettre en place une gouvernance qui soit à la hauteur du potentiel de recherche montpelliérain. Alors, et seulement alors, on peut espérer rentrer dans le classement de Shanghai. »
En matière d’énergies renouvelables, Claude Baland prône le solaire davantage que l’éolien. « Le solaire photovoltaïque s’est beaucoup développé, sur les toits notamment. La couverture du marché Saint-Charles à Perpignan est une belle réussite. » Concernant l’éolien, « je suis plus inquiet. Quand je vois que des projets de quelques éoliennes déclenchent des tollés à chaque fois…. Il n’y a même plus d’arguments. Le seul argument des riverains, c’est ‘on veut être tranquilles’, alors qu’une éolienne ne fait pas de bruit. »










