Hérault
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Un brevet et 5 M€ pour sauver l'huître

« On a trouvé une solution pour enrayer la mortalité des huîtres. Si tout le monde fait ce que l’on conseille, on va sortir rapidement de la crise », lancent les frères Cambon, conchyliculteurs de Loupian, lors d’une réunion publique organisée sur leur initiative lundi 5 décembre à Mèze. En simplifiant, le principe consiste à entourer les tables conchylicoles de cordes de moules afin que celles-ci filtrent l’eau en contact avec les huîtres, les anticorps des moules phagocytant le virus vibrio splendibus, responsable de la mortalité foudroyante. Les conséquences financières de cette surmortalité s’élèvent déjà à une perte de 9 M€ pour la filière régionale.
5 M€ demandés
Assistés par maître Marie Saunier-Poquillon du cabinet Ernst&Young, les frères Cambon ont déposé un brevet au niveau international pour protégé leur invention. Et c’est là que la profession, représentée par le comité régional conchylicole en Méditerranée, tousse. Les frères Cambon proposent de faire des tests grandeur nature et demandent une rétribution de 5 M€ en cas de mortalité inférieure à 20 % . Le comité prendrait en charge 20 % de la somme, les 80 % restant étant financés par des subventions publiques. Jusqu’à ce 5 décembre, le CRCM n’a semble-t-il pas donné suite à la proposition opposant le montant demandé, jugé trop élevé.
Des professionnels tentés
Aujourd’hui le temps presse. « Si on continue comme ça, la profession est finie dans 3 ans », alerte l’un des frères Cambon. Et certains conchyliculteurs présents dans la salle semblent prêts à essayer. « Si c’est vraiment 5 M€, soit 200 kg par table et par an, ça ne me semble pas beaucoup ! », estime Florent Tarbouriech de Medithau. « J’ai envie d’essayer et à partir du moment où ça marche, de les payer ». Même avis pour Guy Sanchez, ostréiculteur à Méze : « ça coûte rien d’essayer et si ça marche on aura à payer 3 kg par table et par an pendant 20 ans. Quand on voit l’ampleur du phénomène, c’est ridicule ».
Rendez-vous pris
« On ne va mettre en place ce procédé que sur le bassin de Thau », poursuit Guy Sanchez. « On va devenir les rois du pétrole car on sera les seuls à le faire en France ». Les frères Cambon estiment, qu’avec ce procédé, le volume de production pourrait passer de 6 000 à 9 000 tonnes. « Sans compter la production de moules ainsi que la protection de la biodiversité et la meilleure image que va renvoyer le bassin de Thau. On dira de nous : ces gens-là ont tout compris, ils avancent ». A la fin de la réunion, le CRCM et les frères Cambon semblaient s’être mis d’accord pour se remettre autour d’une table.









