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Languedoc-Roussillon
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Immobilier
| 2/02/2012

Droits à la construction relevés de 30 % : les professionnels de l’immobilier sceptiques

Interrogés par La Lettre M, les promoteurs immobiliers régionaux font état de leur scepticisme après l’annonce, dimanche, par le chef de l’Etat, d’un relèvement de 30 % des droits de construction jusqu’en 2015.
Tous s’accordent à dire que les besoins en logements sont insatisfaits, et qu’il faut produire davantage. Mais la mesure choisie ne soulève guère l’enthousiasme.
« Il ne faut pas oublier les prérogatives des PLU de chaque commune, et veiller à l’homogénéité des hauteurs par quartier », indique Marc Hisbergue, directeur commercial du Groupe Cirrus/Pégase (Grabels). « Ce n’est pas formule magique, renchérit Laurent Romanelli (M&A Promotion, Montpellier). Le relèvement de 30 % dépendra de la volonté des communes et des contraintes liées à chaque projet. » Rémy de Lecubarri (Corim, Montpellier) prévoit « des débats houleux dans les conseils municipaux. Construire deux étages de plus, ça peut sembler simple, mais en réalité c’est très compliqué. Les conseillers du président connaissent mal notre métier. Cette mesure ne pourra pas être de portée immédiate. Le temps qu’elle se mette en place, elle arrivera à son échéance (2015, NDLR), entre délibérations des conseils municipaux, impacts sur les PLU, délais d’instruction des dossiers… »
« Complexe »
Béatrice Mortier, directrice régionale de Kaufman&Broad L.-R. évoque un projet « intéressant » mais « complexe à mettre en œuvre. Je crains que nous n’en voyions pas les fruits avant le mois de mai. L’alternance probable risque de mettre à mal cette mesure. Rendez-vous dans trois mois… » Pour Rémy de Lecubarri, « les propriétaires fonciers vont augmenter les prix de vente, sachant que la constructibilité de leur terrain est accrue. Avec un coefficient d’occupation des sols relevé de 30 %, il ne faut pas s’attendre à ce qu’ils gardent le prix initial ! » L’instabilité réglementaire en matière d’immobilier neuf – cette mesure supplante le dispositif de défiscalisation Scellier, appelé à disparaître fin 2012 – exaspère les professionnels. « Tous les ans, il y a une nouvelle mesure, explique Rémy de Lecubarri. Or, nous avons besoin d’un cadre général, pas de mesures ponctuelles. Notre secteur a besoin d’un Grenelle du Logement. L’action sur le foncier n’est pas la seule action à mener. Il y en a bien d’autres, comme, par exemple, la taxation des terrains non vendus alors qu’ils sont constructibles, ou la promotion de la densité, en pénalisant les communes qui ne jouent pas le jeu. »
Vente de terrains de l’Etat
À l’inverse, l’annonce de l’accélération de cession de terrains disponibles appartenant à l’Etat est bien accueillie. Cette mesure semble réaliste, car plus simple. « C’est une bonne chose. Mécaniquement, ça libère du foncier, analyse Rémy de Lecubarri. Mais personne ne se fera de cadeaux dans les négociations. À Montpellier, pour les anciens terrains de l’EAI (38 hectares, NDLR), le ministère de la Défense ne fera pas de cadeaux à la Ville. Et la Ville, ensuite, ne fera pas de cadeaux aux promoteurs. » Pour Laurent Romanelli, « il faudra veiller à ce que les prix au m2 de Shon soient cohérents avec les impératifs liés à la construction qualitative, aux prix de vente qui doivent permettre l’accession à la propriété et à la transparence des processus d’attribution. »
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